Après
10 ans de carrière (fêtés à merveille avec un superbe coffret double DVD et
triple CD) et 6 albums studio à leur actif, Epica fait partie de ces groupes
qui années après années sortent des albums à la qualité crescendo, tant d’un
point de vue musical que du côté des paroles. Et s’il se bonifie avec le
temps, Epica a plus d’un tour dans son sac. Chaque album aborde un thème plus
ou moins d’actualité, plus ou moins spirituel, après avoir exploré le thème du terrorisme
(The Phantom Agony, 2003), la civilisation Maya (Consign to Oblivion, 2005), la
place et les conséquences de la religion sur les Hommes (The Divine Conspiracy,
2007), la volonté de chacun d’écrire lui-même son destin (Design your Universe,
2009) et la face sombre des différents influences sur le monde, tels que les
médias par exemple (Requiem for the Indifferent, 2012), le groupe néerlandais
revient avec un album extrêmement abouti. Une véritable réussite qui marque, il
me semble, un changement d’ère du groupe.
Si
Requiem for the Indifferent avait quelque peu déçu la plupart des fans (relire
ma chronique ICI) et avait surpris par sa maladresse, Epica revient en force
avec de beaux changements et de très belles initiatives. D’un point de vue très
général, je pense que The Quantum Enigma (TQE) est l’album le plus travaillé du
groupe. Ecoutez les premiers morceaux du groupes datant de 2003 et ceux de TQE
et vous comprendrez à quel point Epica a évolué, et dans le bon sens du terme.
Le groupe ne se contente pas uniquement de faire du metal symphonique en
reprenant les codes de celui-ci. Non. Epica a su tirer son épingle du jeu et
est certainement THE groupe de metal sympho féminin.
Les
parties vocales de Simone Simons (chant) sont toujours aussi prenantes et impressionnantes
de qualité, le chant hurlé de Mark Jansen (guitare et chant) est de plus en plus travaillé, moins « à
l’arrache » et plus maîtrisé. Quant aux parties musicales, je ne peux vous
cacher mon énorme enthousiasme concernant TQE : les parties orchestrales
sont majestueuses, et le côté metal est de plus en plus présent, soufflant un
vent de metal heavy, parfois progressif. Je regrette cependant parfois les chœurs
qui viennent étouffer quelques morceaux et les parties vocales de Simone
Simons. Mais rien de bien méchant.
Et
justement, on l’oublie parfois (souvent), mais sans toutes ses parties
orchestrales, Epica n’en serait pas où il en est actuellement. Je pense
notamment aux lives The Classical Conspiracy et Retrospect, longs concerts
durant lesquels Epica était accompagné d’un orchestre. Très impressionnant à
écouter et à voir. Et pour tout cela, il serait essentiel de venir saluer les
nombreux musiciens et choristes ayant travaillé avec Epica, tant sur TQE que
sur tous les autres albums (live ou studio) du groupe.
Le
thème pur et dur de cet album est également très intéressant : Mark Jansen
et Simone Simons (les paroliers du groupe) ont opté pour TQE pour un
thème très spirituel, parfois même philosophique. Selon Simone Simons dans son
interview pour le numéro d’avril 2014 de Rock Hard : « Le concept
général du disque tourne autour du thème de l’esprit, de la manière dont notre
cerveau projette nos propres envies. Nous abordons à la fois les côtés positifs
et négatifs dudit esprit à travers l’aliénation, l’addiction, mais évoquons
également la physique quantique ». En somme, un concept album intéressant
et brillant.
Parmi
les 13 morceaux (18 pour la version Deluxe limitée de l’album), il serait
difficile de tous les décortiquer, mais on peut tout de même en relever
quelques-uns qui, de par leurs paroles ou la musique, se détachent du lot. Je
pense notamment à The Second Stone qui, après une très belle intro, annonce
bien la couleur de l’album : riffs de plus en plus heavy, parties
orchestrales au sommet et voix toujours d’aussi bonne qualité ; The
Essence of Silence, premier single de l’album qui est certainement un des
meilleurs titres de TQE ; Unchain Utopia qui est bluffant sur le plan
vocal ; Chemical Insomnia qui aborde la maladie d’Alzheimer et dont
la musique est incroyable ; et évidemment, comme pour chaque album, le titre
éponyme de l’album qui le clôt à merveille (si l’on ne compte pas les morceaux
bonus). Magistral.
En
un mot, TQE est un album grandiose qui prouve une nouvelle fois qu’Epica est à
son apogée et que la musique classique/orchestrale se marie à merveille avec le
metal.
Tracklist (album édition limité) :
CD 1 :
1. Originem
2. The Second Stone
3. The Essence Of Silence
4. Victims Of Contingency
5. Sense Without Sanity (The
Impervious Code)
6. Unchain Utopia
7. The Fifth Guardian
(Interlude)
8. Chemical Insomnia
9. Reverence (Living In The
Heart)
10. Omen (The Ghoulish
Malady)
11. Canvas Of Life
12. Natural Corruption
13. The Quantum Enigma
(Kingdom Of Heaven Part II)
14. In All Conscience
CD 2 :
1. Canvas Of Life (Acoustic
Version)
2. In All Conscience
(Acoustic Version)
3.
Dreamscape (Acoustic Version)
4.
Natural Corruption (Acoustic Version)
Ma chronique est également disponible sur le webzine Spirit of Metal.
Crédit photos : epica.nl