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mardi 19 juillet 2016

Je suis citoyenne du monde

Crédit photo : Noé Cendrier
J'aurais aimé ne plus jamais reprendre ma "plume-numérique" pour écrire sur un nouvel acte d'abomination. Le jeudi 14 juillet 2016, la fête nationale française s'est transformée en horreur absolue sur la magnifique promenade des Anglais, à Nice. Nice, 2ème ville touristique française. Nice qui, tout comme Paris, est un symbole de joie de vivre, de fête, de soleil, d'amour, de culture, d'apéros, de rires aux éclats. Tout un art de vivre qui déplaît aux fanatiques religieux.

Je suis fatiguée d'entendre de mauvaises nouvelles, de me rendre compte à quel point la haine et l'horreur n'ont plus de limite. De constater que pour beaucoup, les vies humaines n'ont plus aucune valeur. Comme si chacun avait le droit de vie ou de mort sur les autres.
Naïvement, j'ai deux questions à poser : quand et pourquoi. Quand le monde a-t-il dérapé de la sorte ? Pourquoi les gens se détestent-ils à ce point ?

Un climat de désespoir et de pessimisme s'installe progressivement en France, et plus largement dans le monde occidental. Mais outre ce défaitisme, c'est aussi un climat de haine qui, peu à peu, s'insinue entre nous et propage son venin. En tant que Française et citoyenne du monde, je REFUSE qu'une communauté soit stigmatisée à cause d'une poignée d'individus complètement retournés, dégénérés, manipulés et asservis. Le #NotInMyName n'a pas lieu d'être puisque personne ne devrait avoir à se justifier/s'excuser d'une chose qu'il n'a pas commise et d'un acte aussi répugnant.


"La cruauté est un geste de servitude : car elle atteste que la barbarie du régime oppresseur est encore présente en nous" - Jean Jaurès


J'aimerais poursuivre ce billet avec, outre mes plus grandes pensées pour les niçois, la vidéo d'une youtubeuse niçoise de confession musulmane. Elle fait habituellement des vidéos sur le maquillage et la beauté, mais cette semaine, elle a voulu s'exprimer dans cette courte vidéo de moins de 5 minutes qui m'a énormément émue.



Alors malgré les fortes chaleurs de ces dernières journées, on va se serrer les coudes, se tenir chaud, s'embrasser, fêter la vie, fêter la chance d'être en vie et profiter de chaque instant qui nous lie aux autres, à ceux que nous aimons. 
Qu'ils soient français, belges, tunisiens, libanais, turcs, syriens, irakiens, afghans, palestiniens, égyptiens, israéliens, pakistanais, nigériens,... 

Parce que nous sommes toutes et tous citoyen(ne)s du monde !

mardi 20 janvier 2015

Et maintenant...?

Crédit photo : Cyril Bonnet, pour Nouvel Obs
Nous sommes aujourd’hui à J+13 du début des attentats qui ont touché la France, et plus particulièrement Paris. On a pu constater l’élan de fraternité, de solidarité et d’unité toute la semaine, et surtout le 11 janvier, lors de la Marche Républicaine, dont je vous parlais ICI. Nous avons toutes et tous, ou presque, scandé « Je suis Charlie », que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la rue, en exprimant notre solidarité un peu partout en France, notamment sur la Place de la République. Mais qu’en est-il actuellement, et qu’en sera-t-il demain ?

Charlie Hebdo et les autres
Mais à J+13, alors que les choses commencent peu à peu à rentrer dans l’ordre, la liste d’attente pour le Charlie Hebdo post-événements est toujours aussi longue. Certains, qui n’avaient jamais entendu parler du journal satirique, se sont littéralement rués sur les nombreux kiosques parisiens. D’autres ont continué à lire les journaux qu’ils avaient l’habitude d’acheter, voire pas du tout. Et ce sont eux, finalement, qui ont eu raison. Oui, c’est beau d’avoir voulu aider et soutenir Charlie Hebdo, mais le soutien ne doit pas s’arrêter à une sorte d’engouement effet « mouton ». La presse écrite, quelle qu’elle soit (satirique ou non, de gauche comme de droite, féminine ou masculine, musicale ou littéraire), agonise et vit en grande partie des donations de lecteurs et des publicités publiées dans leurs pages. L’aider devient une nécessité, attentats ou non.

Crédit photo : JDD
Alors oui, je suis très fière d’avoir vécu ces élans de solidarité, mais qu’en sera-t-il de la situation financière de Charlie (et des autres !) dans 2 mois, 8 mois, 1 an ? C’est à ce moment-là qu’il faudra regarder en arrière et se dire qu’on a été bêtes d’acheter la presse, que dis-je de se jeter sur Charlie Hebdo, pour finalement à peine le feuilleter et ne plus jamais racheter un seul exemplaire… Le soutien et l’unité ne doivent pas être un phénomène de masse. Ceci doit être accompli avec une profonde conviction. Celle de faire bouger les choses.

Les amalgames et la haine de ceux qui se disent vouloir vivre ensemble
A peine avons-nous su que ces attentats avaient été commis par des terroristes que beaucoup ont commencé les amalgames. Je trouve inadmissible et terriblement triste que des citoyens français de confession musulmane aient « dû » se justifier comme quoi ils étaient musulmans mais n’approuvaient pas les actes de ce début du mois de janvier.

Il est déjà inadmissible de tuer quelqu’un pour de simples dessins, mais il est d’autant plus grave que ces actes aient des répercussions sur un groupe d’individus, quels qu’ils soient.
On a vu lors de la Marche du dimanche des gens d’origines et de confessions très différentes aux bras les uns les autres. C’est magnifique, oui ! Mais il est dommage que ces personnes aient besoin de se montrer face caméra pour que les propos haineux s’arrêtent. Il suffit de flâner sur les réseaux sociaux. Le nombre de tweets, de statuts, de photos ou de billets de blog aux propos racistes, antisémites et islamophobes sont de plus en plus nombreux. Honte à ceux qui les écrivent, mais également, voire encore plus, honte à ceux qui les relayent grâce (ou plutôt à cause) de la fameuse mention « J’aime ».

Avant de prétendre vouloir vivre ensemble, intégrons la véritable signification des mots tolérance et respect.

La liberté, jusqu’où ?
Le respect, justement… L’action de respecter se définit dans le dictionnaire du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales comme étant de « Considérer quelqu'un avec respect, porter une profonde estime à quelqu'un, le traiter avec égards en raison de son âge, sa position sociale, sa valeur morale ou intellectuelle ». Par conséquent, je respecte celles et ceux qui n’ont pas voulu être Charlie.
D’un point de vue strictement personnel, les dessins de Charlie Hebdo m’ont toujours (ou presque) fait rire. Mais je peux comprendre qu’ils n’aient pu plaire à certains, voire les blesser. De ce fait, je n’ai pas insulté ou traité d’insensibles les personnes qui ne sont pas Charlie.

Crédit photo : 20 Minutes
Ne pas être Charlie ne signifie pas être du côté des terroristes et encourager les actes d’attentats. Ne pas être Charlie ne signifie pas être contre la liberté d’expression. Ne pas être Charlie signifie simplement ne pas approuver les caricatures et satires. Et dans le pays des Droits de l’Homme, chacun est libre de penser que quelques hommes, qu’ils soient caricaturistes, journalistes ou autres, sont allés un peu loin. Et écouter les avis de ceux qui ne sont pas Charlie s’avère très intéressant. Alors si quelqu’un ouvre un jour la conversation à ce propos avec vous, ne soyez pas borné et écoutez jusqu’au bout ce que cette personne a à vous dire. Car si certains ont pu être attristés et choqués de ces caricatures, ils n’approuvent pas les meurtres, les tueries, les barbaries. Il suffit juste de tendre l’oreille et d’accepter que notre voisin ait une opinion divergente. N’est-ce pas également ça, la liberté d’expression ?

Et n’oubliez pas que comme tout droit, la liberté d’expression a des limites, lesquelles sont fixées par des lois, notamment l’article 11 de la DDHC (1789) ou encore la loi Gayssot (1990), entre autres. Alors ne stigmatisons pas celles et ceux qui refusent d’être Charlie.

La liberté à travers le monde
A l’heure où la France et ses alliés géopolitiques (l’Allemagne, les Etats-Unis, etc…) se battent et manifestent pour cette fameuse liberté d’expression, certains pays se battent pour leur liberté « tout-court ».
Qu’en est-il des lycéennes enlevées au Nigeria par Boko Haram, en avril 2014 ? Qu’en est-il de ces enfants en Syrie qui sont obligés de vivre sous les bombes, tous les jours, depuis déjà bien trop longtemps, et qui, pour certains, n'ont jamais connu la paix ? Qu’en est-il de ces journalistes de Corée du Sud qui, ayant contourné la censure, sont torturés et humiliés en prison ? Qu’en est-il de ces millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim ?

Lutter contre le terrorisme en France, et plus généralement en Occident, est primordial, oui. Mais fermer les yeux sur toutes les immondices et les injustices perpétrées dans le monde est inconcevable. On ne peut pas « être Charlie » et ne pas vouloir voir la vérité en face sur ce qui nous entoure.

Je suis Raif
Affiche créée par Amnesty International
Raif Badawi, saoudien de 30 ans, est le lauréat 2014 du prix pour la liberté de la presse (par Reporters Sans Frontière). Sur son blog, il a eu le malheur d’avoir partagé son ressenti et ses doutes concernant les libertés fondamentales en Arabie Saoudite et sa société en général (religion, politique, société, etc…). Son site (Liberal Saudi Network) est actuellement interdit et Raif est emprisonné depuis 2 ans. Il a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet. Afin de « donner l’exemple », le gouvernement saoudien a souhaité que ce jeune homme ne meurt pas sous le fouet. De ce fait, il recevra 50 coups de fouet chaque semaine, en public, le vendredi, devant une des mosquées de Jeddah.

Puisque la liberté d’expression et la liberté de vivre ne doivent pas se limiter à Charlie Hebdo, n’oublions pas toutes ces personnes partout dans le monde, de tout âge, de toute religion, qui sont enlevées, frappées, humiliées, fouettées, torturées et tuées pour avoir voulu vivre, donner leur avis et tenir tête aux fous qui souhaitent tirer les ficelles du monde.

Je termine ceci par une pensée chaleureuse et un immense merci, du fond du cœur, aux journalistes qui partent dans des zones dangereuses pour pouvoir nous mettre au courant de ce qui se passe dans le monde. Ces hommes et ces femmes risquent leur vie pour que nous ne demeurions pas aveugles. N’oublions jamais les sacrifices de certains.

dimanche 22 décembre 2013

200 jours, nous ne les oublions pas

Crédit photo : Europe 1.
Dimanche 22 décembre 2013, à l'heure à laquelle les retardataires s'affèrent à dénicher leurs derniers cadeaux, Didier François (journaliste d'Europe 1) et Edouard Elias (photographe pour Europe 1) sont otages en Syrie depuis 200 jours.
Ne les oublions pas.

En cette période de fêtes de fin d'année, toutes mes pensées vont vers les proches de Didier et Edouard, notamment à mon ami Maxime MJL.
Une pensée également pour les familles de tous les autres otages français retenus partout dans le monde.

mardi 29 octobre 2013

3 ans, 1 mois et 13 jours.

Source : parismatch.com
La libération de Thierry Dol, Marc Ferret, Pierre Legrand et Daniel Larribe a été annoncée aujourd'hui, mardi 29 octobre 2013 par François Hollande.
Les quatre hommes étaient retenus au Niger depuis le 16 septembre 2010. Après 3 ans, 1 mois et 13 jours durant lesquels ils étaient prisonniers 2010, ils sont enfin libres.

Laurent Fabius (ministre des Affaires Etrangères) et Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense) iront chercher les otages au Niger, à Niamey.
Le président français a évoqué les "3 ans d'épreuve pour ces ressortissants, capturés, détenus par des geôliers sans scrupule. 3 ans de souffrance pour des familles qui vivaient un calvaire et qui sont aujourd'hui soulagées [...] Je pense néanmoins encore à ces 7 otages français toujours détenus : 2 au Sahel, 1 au Nigéria, 4 en Syrie".

En ce jour de libération, je pense au bonheur et au soulagement des proches de ces 4 otages, mais également aux familles des 7 autres otages qui espèrent tous les jours de bonnes nouvelles.
Une pensée particulière pour mon ami Maxime.

jeudi 13 juin 2013

1000 jours plus tard

Source photo : AFP
Une pensée émue pour les proches de Marc Féret, Thierry Dol, Daniel Larribe et Pierre Legrand, enlevés au Niger le 16 septembre 2010 et détenus par Al-Quaida au Sahel.
Si pendant 2 ans, les familles se devaient de respecter une certaine discrétion à propos des otages, depuis septembre 2012, les proches ont le droit à la parole et se rassemblent, contactent les médias, mettent en place des banderoles afin d'entretenir l'espoir. Pascale Robert, la maman de Pierre Legrand déclare d'ailleurs "on est devenus une famille".

Aujourd'hui, jeudi 13 juin 2013, les familles des 4 otages viennent de vivre le 1000ème jour avec l'absence de leur proche. 1000 jours, une des captivités les plus importantes d'otages français.
En ce jour, nous n'oublions évidemment pas les autres otages retenus dans le monde.

jeudi 27 décembre 2012

Allô le monde ?!

Tunisie - Egypte - Gaza - Israël - Yémen - Syrie - Libye - Palestine …

« On avance en silence, comme tous ceux qui osent faire bouger les choses
Sans drapeau et sans héros, on est tous en mal d’un idéal.
On avance en silence, mais viendra l’heure où nos cris du cœur,
On saura les faire sortir, et notre avenir, on va le choisir. »
Tal, On avance (juillet 2011).
 
 
Révolutions et involutions.
Victoires et punitions.
Bien et mal.
Progression et régression.
Ouverture d'esprit et sectarisme.
 
 
En cette période de Noël, cette période de distribution de cadeaux quasi indécente tant elle est imposante et importante, en cette période de notre post-fin-du-monde, il m'est impossible de ne pas penser aux évènements qui ont bouleversé le monde dans lequel nous vivions, nous vivons et nous viverons.
Bien qu'il soit en perpétuel changement, le monde a connu un changement remarquable dès décembre 2010. Révolution. Le monde s'enflamme. Une nouvelle page historique s'écrit, on l'appelle le Printemps Arabe.
 
Cette nouvelle page est toujours, 2 ans après, en cours d'écriture, et le monde subit une des transformations les plus importantes, les plus violentes et les plus inattendues qu'il n'ait jamais connu. Allô le monde ?!
 
La plaie s'était légèrement pansée mais en cette fin d'année, de nouveaux évènements viennent s'ajouter à cette période historique.
La Tunisie s'enflamme et s'enferme dans apartheid. La Tunisie post-révolutionnaire sombre dans l'antisémitisme en s'opposant à la candidature d'un homme de confession juive comme Ministre du Tourisme.
L'Egypte adopte (approuvé par 63,8% des votants) un projet de Constitution élaboré par les islamistes au pouvoir.
Dans la bande de Gaza, le gouvernement du mouvement islamiste palestinien Hamas interdit aux journalistes locaux de travailler avec les médias israéliens.
... 
 
Même si certains pays ont été libérés de leurs chaînes, la société est au coeur d'une immense reconstruction et de remaniements. Les défis sont énormes, multiples, et pour certains, quasi insurmontables.
A quand une amélioration entre laïcs et islamistes, entre les hommes et les femmes, entre l'Occident et l'Orient ?
Le changement est actuel, permanent, mais surtout, il est loin d'être fini.


Crédit photo : Jonathan Rashad, journaliste au Caire : http://www.flickr.com/photos/drumzo
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