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mardi 8 septembre 2015

Du livre au film - #3

Après les adaptations cinématographiques de La Couleur des Sentiments et de Bel-Ami, je reviens aujourd'hui vous parler d'une oeuvre plus récente (tant d'un point de vue littéraire que cinématographique). Il s'agit de La Face cachée de Margo, du très connu et apprécié John Green.


LE LIVRE

Lorsque j'ai lu Nos Etoiles Contraires, j'ai ressenti de nombreuses choses très particulières et très contradictoires. Ces ressentis étaient bien évidemment dus à la très belle plume de John Green, à sa jolie manière d'écrire sur l'adolescence sans pour autant tomber dans les clichés, mais aussi au fait que j'avais vécu une histoire similaire. J'ai vu le film, et mon avis était conforté : John Green est un véritable artiste qui utilise les mots pour guérir les maux. De ce fait, je me suis dit qu'il fallait que je lise les autres oeuvres de cet auteur. La Face cachée de Margo, publié en France chez les éditions Gallimard Jeunesse (collection Scripto), est donc le deuxième roman de John Green que j'ai lu.

Dans ce roman initiatique sur la fin de l'adolescence, du lycée, et le début de la vie adulte, John Green met en scène Quentin (alias Q.), complètement obsédée par la jolie Margo Roth Spiegelman devenue sa voisine alors qu'il avait environ 7-8 ans. Petit à petit, cette amitié s'est effacée pour finalement devenir inexistante. Margo ignore totalement Q.
Mais un soir, Margo s'introduit dans la chambre de Q. et l'entraîne dans une expédition nocturne visant à se venger de quelques uns de ses "amis". Q. passe une nuit de folie, entre peur de se faire prendre et bonheur de pouvoir passer du temps avec Margo. Mais le lendemain, Margo ne retourne pas au lycée. Les jours suivants non plus. Q. va alors se lancer à sa recherche, à l'aide des indices que Margo a laissé derrière elle...

Malheureusement, je ne peux pas dire que LFCDM soit un coup de coeur. Comme pour NEC, c'est très bien écrit, le personnage de Q., le personnage principal, est extrêmement attachant et touchant par sa gentillesse, sa bienveillance et sa foi d'aller jusqu'au bout de ses envies, mais finalement... sans plus !
On peut dire que c'est un roman à deux vitesses, constitué de deux grandes parties : une première partie, celle de la nuit de vengeance ; et une seconde, celle de la recherche. J'ai adoré la première partie, très dynamique, drôle et jubilatoire (des idées de vengeances originales, à noter dans un coin de sa tête au cas où !). La seconde partie, un peu moins. Pour être honnête, je me suis beaucoup ennuyée durant cette partie-ci et j'avais de la peine pour Q. qui, encore une fois, est un garçon d'une sensibilité et d'une bienveillance impressionnantes. Et Margo m'a énervée... sincèrement ! Pour moi, cette fille est une gamine immature pourrie-gâtée et égoïste. Je ne sais pas si c'est ce que John Green voulait, mais en tout cas c'est ce que j'ai ressenti !
Quant à la fin... Je ne sais pas si je dois détester John Green d'avoir choisi une telle fin ou si je dois l'adorer de nous montrer que tout ne se passe pas toujours comme nous l'avons fantasmé... La fin est plutôt brutale, mais offre néanmoins à réfléchir.

"Margo a toujours adoré les mystères. Et la suite des événements n'a cessé de me prouver qu'elle les aimait tellement qu'elle en est devenue un."

Finalement, je ne sais pas si je conseillerais ce livre... Si vous aimez John Green et aimez son style et sa plume, pourquoi pas. Mais sinon, peut-être pas. Si l'histoire avait été la même écrite par un autre auteur, je pense que je l'aurais abandonnée en cours de lecture.
Cependant, comme je l'ai dit précédemment, la façon d'aborder l'adolescence est très habile et intelligente de la part de John Green. Loin du stéréotype de l'adolescence border-line, rebelle et nonchalante souvent décrite par de nombreux auteurs jeunesse (image d'ailleurs souvent relayée par les médias qui aiment stigmatiser une catégorie de personnes, que ce soit pour leur âge, leur religion et leurs habitudes de vie...), John Green, bien au contraire, nous montre que l'adolescent est un individu comme un adulte, juste qu'il a un peu moins d'expérience et se pose de nombreuses questions. C'est aussi un roman qui accompagne la fin d'une époque : celle du lycée. Je fais partie de ces quelques personnes très nostalgiques de leurs années lycée. Ce sont certainement les meilleures années que j'ai vécues jusqu'ici, et ça me manque souvent. LFCDM m'a permis de retrouver ceci !
Ce roman est une ode à la vie, aux années lycée, aux road-trips entre potes, aux premières bêtises, aux premières désillusions également !

Peut-être en attendais-je beaucoup trop, suite à mon coup de coeur pour Nos Etoiles Contraires ?


LE FILM

L'adaptation cinématographique de La Face cachée de Margo par Jake Schreier, était certainement un des films les plus attendus de l'année 2015. Pourquoi ? Déjà le fait que ce soit l'adaptation d'un livre de John Green, qui co-produit également le film ; parce que la sulfureuse, énigmatique et insaisissable Cara Delevingne joue Margo ; parce que John Green lui-même en parle constamment sur son compte Instagram et enfin parce qu'on connaissait déjà bien l'acteur qui joue Q., Nat Wolff, qui jouait également dans Nos Etoiles Contraires.

Je pense que c'est la première fois que ça m'arrive mais... J'ai préféré le film ! Je ne me suis ennuyée à aucun moment, contrairement au livre qui par moment était un peu longuet.
Nat Wolff était selon moi l'acteur parfait pour interpréter Q., et bien que je n'apprécie pas particulièrement Cara Delevingne (plus pour sa façon d'être que son travail), je dois admettre que le rôle de Margo lui convient tout à fait : ce côté "sauvage", insaisissable et mystérieux colle parfaitement à l'idée que je me faisais du personnage. J'ai beaucoup apprécié également la façon dont les personnages secondaires étaient interprétés : Justice Smith (Radar), Austin Abrams (Ben), Jaz Sinclair (Angela) et Halston Sage (Lacey) ont rendu cette adaptation très dynamique.

"Les gens sont si nombreux. Il est facile d'oublier que le monde est si plein de gens, plein à craquer. Chacun lisible, et régulièrement mal lu."

J'ai beaucoup apprécié l'aspect humoristique, beaucoup plus présent que dans l'oeuvre littéraire. Le film regroupe quelques moments savoureux et extrêmement drôles qui permettent de dédramatiser l'aspect quelque peu "drama" de l'histoire. Aucun moment n'était de trop et bien que des éléments ont été changés par rapport au livre, ce fut de bons changements qui apportaient de bonnes choses au film.
La fin a quant à elle totalement été remaniée. Ceux qui ont lu LFCDM ont certainement été surpris par la manière dont le film se termine. Pour ma part, je le savais car j'avais déjà lu des critiques avant d'aller le voir fin août, mais j'ai été agréablement surprise par cette prise de liberté du réalisateur (mais aussi de John Green puisqu'il co-produit le film) qui clôt son oeuvre sur une note peut-être plus optimiste, bien moins grave, qui amène encore plus à réfléchir que la fin initiale.


FINALEMENT...

Finalement, je pense que le film est une bien meilleure réussite que le livre. A voir en VO, pour savourer au mieux les dialogues et le côté ironique de certaines répliques. Cependant, je ne comprends vraiment pas la traduction du titre... En VO, le livre comme le film se nomment Paper Towns, titre qui a une très grande importance dans l'histoire et son impact. La traduction française La Face cachée de Margo me semble bien trop lisse, trop "roman pour ado".

Petit plus dans le film : la brève apparition d'Ansel Elgort (alias Augustus Waters, dans Nos Etoiles Contraires). Petit clin d'oeil très sympa !
Je vous conseille le film qui est une jolie histoire, un bon moment de divertissement. Cependant, si vous n'avez pas lu le livre auparavant, pas d'affolement : ce n'est pas une si grosse perte que cela, finalement.
Quoi qu'il en soit, quoi que vous décidiez de faire, je vous souhaite une bonne lecture, un bon film, ou les deux !

Avez-vous lu ou vu La Face cachée de Margo ? Qu'en avez-vous pensé ?

vendredi 12 juin 2015

7 semaines, plusieurs livres #6

Bonjour à toutes et à tous ! Avec un petit peu d'avance, je viens vous présenter les livres lus du 4 mai au 15 juin 2015, dans le #6 de 7 semaines, plusieurs livres.
En effet, je prends un peu d'avance, car je sais que le livre que j'ai commencé ne sera pas terminé d'ici le 15, donc autant partager tout cela avec vous dès maintenant. Ces 7 dernières semaines, j'ai lu 7 livres, et je n'ai malheureusement eu aucun coup de coeur mais... une déception ! Je vous laisse découvrir tout cela.
NB : les livres ne sont pas classés par ordre de préférence, de longueur ou alphabétique, mais tout simplement par ordre chronologique de lecture.

* L'Enfant des cimetières, de Sire Cédric

Résumé de l'éditeur : Un fossoyeur vivant près d'un cimetière est pris d'une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avec un fusil à pompe avant de se suicider. Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d'un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre. Plongé dans cette épidémie meurtrière, David, photojournaliste et compagnon de Kristel, décide de mener l'enquête. Avec l'aide d'Aurore, une jeune collègue ambitieuse, et du commandant de police Vauvert, ils vont être bientôt confrontés à l'inimaginable. Meurtres sordides et suicides pour le moins étranges s'enchaînent sous les yeux terrifiés des trois enquêteurs. Nathaniel, aussi insaisissable que maléfique, n'est pas un jeune homme ordinaire... L'enfant des cimetières prend un plaisir manifeste à tuer, à prolonger l'agonie douloureuse de ses victimes. Homme ou démon ? David, qui n'a plus rien à perdre, est prêt à tout pour venger Kristel, quitte à suivre Nathaniel jusqu'en enfer.
(534 pages)

J'ai beaucoup apprécié le style de Sire Cédric : une écriture assez "brute", des phrases courtes mais assez acerbes et surtout un certain don pour vous mettre dans le doute, vous méfier de n'importe quel personnage et de réussir à vous faire croire à des choses complètement invraisemblables. La trame est absolument fantastique ; en effet, la légende de l'enfant des cimetières existe réellement, et Sire Cédric a réussi à monter autour une intrigue de thriller.
Je me suis très vite attachée au personnage de David qui oscille entre le désespoir, son dévouement à Kristel, sa crainte mais aussi presque sa fascination vis-à-vis de ce fameux enfant. Un très beau personnage dont le caractère m'a parfois fait penser à un de mes amis. Peut-être aussi pour cela que je me suis aussi vite attachée à ce personnage...
J'ai également été très charmée par le style gothico-surnaturel de l'intrigue et de l'écriture de Sire Cédric.
D'un point de vue rhétorique, cet auteur est fantastique. Cependant, je dois avouer que j'ai été quelque peu déçue par la fin... J'ai tellement aimé tout le livre que cette fin m'a un peu laissée... sur ma faim, justement. Mais outre cela, j'ai beaucoup aimé ce livre. Je pense relire très vite d'autres oeuvres de cet auteur qui m'a tout l'air d'être la relève du thriller/thriller horrifique français.


* Version Beta, tome 1, de Rachel Cohn

Résumé de l'éditeur : Née à seize ans, Elysia a été créée en laboratoire. Elle est une version BETA, un sublime modèle expérimental de clone adolescent, une parfaite coquille vide sans âme.
La mission d Elysia : servir les habitants de Demesne, une île paradisiaque réservée aux plus grandes fortunes de la planète. Les paysages enchanteurs y ont été entièrement façonnés pour atteindre la perfection tropicale. L'air même y agit tel un euphorisant, contre lequel seuls les serviteurs de l'île sont immunisés. Mais lorsqu elle est achetée par un couple, Elysia découvre bientôt que ce petit monde sans contraintes a corrompu les milliardaires. Et quand elle devient objet de désir, elle soupçonne que les versions BETA ne sont pas si parfaites : conçue pour être insensible, Elysia commence en effet à éprouver des émotions violentes. Si quelqu'un s'aperçoit de son défaut, elle risque pire que la mort.
(432 pages)

Ce roman Young-Adult m'a beaucoup fait pensé à la série suédoise Real Humans. Bien que le style était parfois un peu trop bateau et léger à mon goût, ce livre a été une bonne lecture. Les idées abordées sont très intéressantes, notamment celle de la conscience des robots, ainsi que de leurs droits au sein d'une société futuriste. Cependant, justement, je trouve que l'auteure n'est pas allée assez loin sur certains sujets qui sont dignes de questions philosophiques. Néanmoins, il est vrai que ce roman est destiné aux jeunes adultes (dès 14 ans, je pense), donc l'auteure a peut-être eu peur de faire fuir son public... Effrayant par son réalisme dans une société où tout, ou presque, est robotisé, plaisant par sa petite histoire d'amour, Version Beta est un bon premier tome.
La fin est finement menée, et je peux vous garantir que je compte lire les autres tomes très rapidement. D'après internet, la saga sera d'ici peu adaptée au cinéma par le réalisateur du deuxième Twilight.


* Conscience animale, de Franck Thilliez

Résumé de l'éditeur : Et si se terrait en chacun de nous une animalité sanguinaire ? Et s'il était possible par un sacrifice bien mené de la réveiller ? Et si un homme avait précisément en tête d'user de ce savoir secret pour mettre en place une gigantesque entreprise assassine ? C'est dans le tourbillon de tous ces " si " que vont être aspirés Warren, père de famille presque ordinaire, Sharko, inspecteur tenace et téméraire, Moulin, jeune recrue faisant ses premières armes, et Neil, linguiste pour le moins singulier. Nouant leur destin dans une enquête balisée par le sang et la cruauté, ils devront affronter l'impensable pour réaliser l'impossible. Mais quel sera le coût de cet impossible ?
(310 pages)

Je suis une grande fan de Franck Thilliez. J'aime son univers, sa plume, ses intrigues, et son côté complètement psychopathe malgré un physique d'ange. Cependant, Conscience animale a été ma déception de ces 7 semaines. Non pas que ce roman soit mauvais, mais je le trouve bien en-deçà de ce à quoi j'ai été habituée par Thilliez. J'avoue ne pas avoir reconnu le style de Thilliez. Ce livre est son premier roman publié (en 2002), et bien que l'histoire soit horriblement exceptionnelle, je dois avouer que je préfère la plume thilliezienne actuelle.
Je n'ai pas spécialement accroché à ce roman, je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages, mais je ne l'ai pas abandonné, car je voulais absolument connaître la fin.
Je ne conseille pas spécialement Conscience animale, et si vous ne connaissez pas l'auteur et qu'il vous tente, je vous conseille chaudement La Forêt des ombres (celui avec lequel j'ai découvert cet auteur, qui est du grand, grand art) ou L'Anneau de Moebius.


* Si je reste, de Gayle Forman

Résumé de l'éditeur : Mia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle.Quand, un jour, tout s'arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture... Comme détaché, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia voit tout, entend tout. Transportée à l'hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d'avant, imagine sa vie d'après. Sortir du coma, d'accord, mais à quoi bon ? Partir, revenir ? Si je reste...
(186 pages)

J'ai beaucoup entendu parler de ce livre, et je ne sais pas pourquoi, mais je n'arrivais pas réellement à passer le pas. En fait, j'en ai tellement entendu parler, justement, que j'avais peur de ne pas accrocher. Si je reste est une jolie oeuvre. Ce court livre est une véritable ode à la vie et à l'optimisme, malgré un thème principal triste et incertain : un état entre la vie et la mort, lorsque la jeune Mia tombe dans le coma. Tout comme l'avait fait John Green avec Nos Etoiles Contraires, j'admire cette capacité de parler de la mort sans pour autant tomber dans une simple exploitation de la souffrance physique et morale. J'ai beaucoup pleuré, mais en y repensant, je pense finalement que mes larmes étaient de "bonnes larmes", des larmes positives.
L'écriture est simplissime, mais c'est justement ce qui est beau. Je le conseille à tout le monde, que vous soyez une fille ou un garçon, que vous soyez un(e) ado ou un(e) adulte.


* Bel-Ami, de Guy de Maupassant

Résumé de l'éditeur : Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.
(408 pages)

Malgré mon goût pour la lecture, je n'avais jamais lu le chef-d'oeuvre qu'est Bel-Ami de Guy de Maupassant. Et ce fut une magnifique découverte ! Maupassant a ce pouvoir assez dingue d'écrire une histoire intemporelle et même très moderne. Evidemment, le niveau de langue et celui d'un auteur du XIXème siècle, mais le thème principal est terriblement contemporain : un jeune homme plein d'ambition, prêt à tout pour se hisser en haut de l'échelle sociale, quitte à mettre de côté des valeurs fondamentales.
Chaque personnage est intéressant et apporte quelque chose d'important à l'histoire : la légèreté de Clotilde de Marelle, le pessimisme de Norbert de Varenne,... Le portrait de Georges Duroy est si finement brossé que Maupassant arrive à vous le faire adorer un instant, et détester quelques lignes plus tard. Il est vaniteux, naïf, impitoyable avec les femmes, séducteur mais le pire, c'est qu'on en arrive tout de même à l'apprécier.

Malgré son étiquette "classique" qui peut en rebuter plus d'un, Bel-Ami est une lecture très fluide qui nous expose avec cynisme, mais réalisme, l'idée de l'ascension sociale au XIXème siècle. Cependant, l'histoire pourrait être retranscrite à n'importe quelle époque, même de nos jours, et garderait sa justesse.
Bel-Ami est une donc une magnifique oeuvre que je conseille à toutes et à tous, et notamment si vous êtes encore au lycée. Pour l'histoire, certes, mais aussi pour la plume délicieuse de Guy de Maupassant.


* La Belle et la Bête, et autres contes, de Madame Leprince de Beaumont

Résumé de l'éditeur : Ce recueil rassemble les contes les plus célèbres de Mme Leprince de Beaumont. Ces histoires nous ouvrent les portes d'un univers plein de fantaisie et de merveilles insoupçonnées, que petits et grands visitent avec délice pour leur édification.
(80 pages)

Le Disney La Belle et la Bête fait partie de mes préférés. Cependant, j'ai eu envie de lire la véritable histoire qui, en réalité, est plutôt courte : à peine 12 pages. J'ai donc ensuite enchaîné avec les 9 autres contes proposés par l'édition Librio.
J'avoue que je ne connaissais pas du tout Madame Leprince de Beaumont, pas même de nom, mais j'ai adoré son style. Chacun de ses contes est plutôt court, mais très incisif à mon sens.

Pour être plus précise, Madame Leprince de Beaumont amorce ses contes avec un trait de caractère de l'espèce humaine que nous possédons toutes et tous, mais chacun à des degrés différents : la vanité, la curiosité, la cupidité, etc. Puis, à partir de ces défauts, l'auteure invente une histoire qui se termine, évidemment, par une morale. L'écriture est plutôt soutenue (XVIIIème siècle), mais largement surmontable, ce qui fait que ce recueil est abordable pour toutes les catégories de lecteurs.
Bien loin des clichés, j'ai trouvé que les morales étaient particulièrement intéressantes et amenaient à réfléchir. J'ai adoré le style, qui est beaucoup plus caustique que celui d'autres conteurs (Andersen, par exemple).

De ce recueil, j'ai surtout aimé La Belle et la Bête ; Belote et Laidronette ; La Curiosité et Le Prince Fatal et le Prince Fortuné. Je pense essayer de trouver d'autres recueils et d'autres écrits de cette auteure que j'ai beaucoup appréciée.


* La Face cachée de Margo, de John Green

Résumé de l'éditeur : Mar-go-Roth-Spie-gel-man, le nom aux six syllabes qui fait fantasmer Quentin depuis toujours. Alors forcément, quand elle s'introduit dans sa chambre, une nuit, par la fenêtre ouverte, pour l'entraîner dans une expédition vengeresse, il la suit.Mais au lendemain de leur folle nuit blanche, Margo ne se présente pas au lycée, elle a disparu.Quentin saura-t-il décrypter les indices qu'elle lui a laissés pour la retrouver ? Plus il s'en approche, plus Margo semble lui échapper...
(400 pages)

Avant même de vous parler de mon avis, positif, quant à ce roman, j'aimerais partager avec vous une immense incompréhension vis-à-vis des éditions et/ou des traductions françaises. En effet, le titre original de ce livre est Paper Towns ; après avoir fini ce roman, je me suis dit que le titre original avait un très joli sens par rapport à l'histoire, mais aussi à sa fin. Alors sincèrement, je me demande qui a eu l'idée de nommer ce roman La Face cachée de Margo, et non de : soit garder le titre en Anglais, soit le traduire tout simplement par "Les Villes de papier", ou autre. Mais peu importe...

Pour ce qui est du roman, je l'avais depuis pas mal de temps sur ma liseuse, mais je n'avais pas spécialement envie. Pourquoi ? Peut-être à cause du titre, justement, qui fait très roman pour ado. Puis, j'ai découvert sur le compte instagram de John Green, l'auteur, que le film du livre allait sortir dans peu de temps en France (le 12 août). J'ai une confiance absolue en les livres de John Green depuis que j'ai lu Nos Etoiles Contraires. De plus, l'auteur était présent sur le tournage des deux adaptations : ce qui fait que, normalement, les adaptations sont fidèles aux livres, ou du moins à l'idée que voulait transmettre John Green. Bref, comme j'ai très envie d'aller voir le film en août, je me suis dit qu'il fallait absolument que je le lis d'ici là.

Je n'ai pas du tout été déçue. Fidèle à lui-même, John Green parvient à mêler simplicité, amour, humour et poésie. Je me suis immédiatement attachée à Quentin, joué par Nat Wolff dans le film (celui qui jouait Isaac dans Nos Etoiles Contraires) et j'ai été très intriguée par Margo.
Il est très difficile d'évoquer sans livre sans trop en dire, puisque c'est une oeuvre qui doit être lue sans à priori, sans indices, sans arrière-pensées. J'ai beaucoup apprécié également que le personnage principal soit un garçon : ce n'est pas si courant que ça dans ce type de romans.

Rien que pour la fin et pour la plume de John Green, je conseille chaudement ce roman dont le dénouement ne pourra pas vous laisser de marbre.

Si vous avez des lectures à me conseiller, n'hésitez surtout pas !

Et vous, qu'avez-vous lu dernièrement ?

mardi 11 novembre 2014

7 semaines, plusieurs livres #1

Bonjour tout le monde ! Je reviens aujourd’hui pour une nouvelle rubrique qui tournera autour de la littérature. J’aime énormément lire, mais malheureusement, je ne parle que très peu de ce que je lis sur mon blog. C’est dommage, puisque ce serait l’occasion de vous faire, éventuellement, découvrir des livres et des auteurs ; mais aussi de partager des ressentis et des avis avec celles et ceux qui auraient lu un des livres présentés.

Donc pour pouvoir discuter de tout cela avec vous, j’ai choisi de vous donner un avis toutes les 7 semaines sur les livres lus durant ce laps de temps. Alors pourquoi 7 semaines, me direz-vous, et non pas 4, ou 9 ou 10 ? En fait je ne sais pas… J’ai toujours apprécié le chiffre 7 et puis, c’est tout de même un chiffre très symbolique et fascinant sur de nombreux points : les 7 collines de Rome ; l’Hydre de Lerne avait 7 têtes ; les 7 péchés capitaux ; les 7 continents ; les 7 merveilles du monde ; les 7 cieux dans l’Islam ; le chandelier à 7 branches dans le judaïsme ; les 7 sacrements dans le catholicisme ; les 7 couleurs de l’arc-en-ciel, etc.
BREF, ce chiffre est passionnant, et voilà pourquoi j’ai voulu vous faire cette rubrique toutes les 7 semaines.

Et le premier numéro de 7 semaines, plusieurs livres concerne les semaines du 22 septembre au 10 novembre. Je vous laisse découvrir la suite !

* Nos Etoiles Contraires, John Green

Résumé de l’éditeur : Hazel, 16 ans, est atteinte d'un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l'évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C'est là qu'elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d'Hazel, qui a peur de s'impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d'amour commence... les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Ce livre a une signification très particulière pour moi, vous le savez bien, et lorsque je l’ai lu, j’ai enfin pu mettre des mots sur ce que j’avais ressenti il y a maintenant presque 3 ans. John Green vous emporte dans une histoire magnifique où le cancer n’est pas diabolisé comme il peut l’être dans de nombreux autres romans ou films.

Ce livre ne tombe jamais dans le pathos, et on s’attache énormément et très rapidement à Gus et Hazel. La fin est magnifique. Et l'adaptation cinématographie est très réussie, fidèle à l'histoire d'origine.
Bien plus qu’une « histoire de cancer », Nos Etoiles Contraires est un hymne à la vie qui, lorsque vous l’aurez fini, vous laissera, en plus des très nombreuses larmes, une sorte de nouvel adage qu’on garde toute sa vie : il faut profiter de sa vie, choyer les gens qu’on aime, et toujours tenter de réaliser ses rêves. Sublime.


* La Théorie Gaïa, Maxime Chattam

Résumé de l’éditeur : La terre, dans un futur proche... Les chiffres parlent d'eux-mêmes : multiplication des catastrophes naturelles, instinct de prédation en pleine recrudescence, accroissement exponentiel des tueurs en série... La planète se meurt et nous sommes son cancer. L'Humanité est son propre virus. Appelés d'urgence par la Commission européenne, un couple de chercheurs prend conscience du chaos qui s'annonce. Dans un monde livré aux éléments, où toute la violence de l'homme semble éclater soudain, le secret d'État se révèle explosif. Inavouable. Survivront-ils ? Survivrons-nous ?

J’ai découvert Maxime Chattam avec Les Arcanes du chaos qui frôlait la perfection « thrilleresque ». Et cet auteur ne me déçoit pas, puisque ce roman était à la hauteur de mes espérances : suspens, peur, stress, gore, intrigue… Maxime Chattam arrive à vous entraîner avec lui et surtout à vous manipuler grâce à des intrigues et rebondissements politico-éco-psycho-policières. Oui, rien que ça ! Si vous êtes friand des policiers un peu horrifiques ou des thrillers, je ne peux que vous conseiller cet auteur. Dans le même genre que Franck Thilliez, pour celles et ceux qui connaissent. Grandiose !
Et j’attends également des adaptations  cinématographiques de certains de ses romans !


* La Méthode Schopenhauer, Irvin Yalom

Résumé de l’éditeur : Quand Julius Hertzfeld, un célèbre psychothérapeute de San Francisco, apprend qu'il n'en a plus que pour quelques mois à vivre, que fait-il? Il contacte l'un de ses anciens patients, l'arrogant Philip Slate, accro au sexe, le grand échec de sa carrière, devenu depuis psychothérapeute. Au centre de cette relation : Schopenhauer. Cette plongée dans l'univers de la thérapie de groupe, menée de main de maître par Irvin Yalom, l'un des plus grands spécialistes contemporains de la question, nous fait voyager dans le temps, dans l'espace, mais surtout au plus profond de l'âme humaine.

J’ai adoré l’approche romancée  de ce roman philo-psychologique. L’auteur arrive à nous enseigner des choses, et disons-le, à nous donner de nombreux éléments de culture générale, sans pour autant en faire un livre trop didactique.
J’avoue que je ne connaissais Schopenhauer qu’à travers mes cours de philosophie de terminale, mais ici, rien n’est raconté de la même manière qu’au lycée, puisque grâce à la vie du personnage principal, un peu perdu dans sa propre vie, Irvin Yalom vient nous plonger dans l’univers de la psychothérapie. L’humour est assez décapant et cynique, ce qui en fait un livre très intéressant et vivant.

Je pense lire d’autres œuvres de cet auteur, puisque j’adore l’approche historique, culturelle, psychologique et philosophique de ce qu’il fait.


* Molly Moon et le livre magique de l’hypnose (tome 1), Georgia Bing

Résumé de l’éditeur : Molly Moon a grandi dans l'orphelinat que dirige l'horrible Miss Adderstone. Sa vie est un cauchemar jusqu'au jour où elle découvre ses dons d'hypnotiseuse, grâce à un mystérieux manuel. Après avoir envoûté la directrice et obtenu d'être traitée comme une reine, Molly s'embarque pour les Etats-Unis pour réaliser son rêve : devenir star à Broadway. Mais ses pouvoirs magiques font des envieux.

Relecture ! J’avais lu la saga Molly Moon lorsque j’étais au collège, et j’ai voulu me replonger dedans. Et, une nouvelle fois, j’ai adoré ! Molly est un personnage très drôle, attachant qui vit des histoires hors du commun. Avec le recul et un regard adulte, je me dis que les trois-quarts de ce que fait cette gosse dans le bouquin seraient juste impossible dans la vraie vie. Mais c’est ça qui est formidable avec ce bouquin !

L’écriture est très simple, très abordable et surtout, bourrée d’humour. Si vous cherchez à vous détendre, à ne pas vous prendre la tête, n’hésitez pas une seule seconde, j’ai adoré. Ou si vous connaissez des jeunes entre 9 et 13 ans dans votre entourage, conseillez-leur.


* Under the Skin, Michel Faber

Résumé de l’éditeur : Isserley, jeune femme mystérieuse et aguicheuse, passe son temps à sillonner les routes d'Ecosse. Le parfait auto-stoppeur doit être jeune, grand et musclé. Quand elle trouve enfin la perle rare et l'embarque dans sa voiture, les choses se compliquent un peu... Que fait-elle de tous ces hommes au corps parfait qui disparaissent mystérieusement ?

J’ai un petit peu choisi de lire ce livre par hasard, si j’ose dire. En fait j’avais trouvé l’affiche du film (sorti en mai-juin, il me semble) assez intrigante lorsque je passais devant, dans le métro, le matin. Et tout récemment, le livre était mis en avant à la Fnac, donc j’y ai repensé et je l’ai lu. C’est très particulier ! A mi-chemin entre thriller et science-fiction. Le début est un peu lent et répétitif, mais on se prend vite à l’histoire et surtout, on veut à tout prix savoir où l’auteur veut nous mener et qui est ce mystérieux personnage, Isserley. Une bonne (et courte) lecture, à peu près 300 pages, mais pas de quoi grimper aux rideaux. Un livre très particulier.

En revanche, énorme, méga, giga coup de gueule contre le film que j’ai vu juste après avoir fini le livre. La grosse blague, jamais vu une « adaptation » de la sorte ! Rien ne correspondait au livre, rien ! L’action n’avait rien à voir, certains personnages ont carrément été supprimé, le dénouement n’est pas le même et encore plus surprenant, le personnage principal n’a même pas le même nom. Une déception sans nom, malgré une belle photographie et une actrice principale excellente (Scarlett Johansson), pour ce film pseudo expérimental qui voulait faire dans l’originalité et le new-age.


* Harry Potter à l’école des sorciers (tome 1), J.K. Rowling

Résumé de l’éditeur : Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l'emmener à Poudlard, une école de sorcellerie ! Voler en balai, jeter des sorts, combattre les trolls : Harry Potter se révèle un sorcier doué. Mais un mystère entoure sa naissance et l'effroyable V..., le mage dont personne n'ose prononcer le nom.

Lorsque TF1 a diffusé les deux derniers films, je me suis sentie tellement nostalgique que j’ai décidé de relire la saga. J’avais lu pour la première fois ce premier tome alors que je devais avoir 8-9 ans, et la saga n’en était qu’à ces débuts. Il est assez drôle de le relire en sachant la fin de la saga, et en sachant la manière dont va évoluer le personnage.
Pas besoin de m’attarder sur le sujet, Harry Potter est un petit bijou qui a su conquérir le cœur de nombreux de personnes, dans le monde entier. Culte pour toute une génération !

Et vous, qu’avez-vous lu dernièrement ?
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