Mon ras-le-bol de cette mode peut facilement être expliqué. Tout simplement car pendant plus d’un an, j’ai mangé sans gluten par souci médical. Je ne compte pas vous raconter ma vie (car ce n’est pas spécialement intéressant pour vous, et que… c’est ma vie !), mais pendant environ 1 an, j’ai eu un état de santé assez particulier. J’avais constamment des problèmes, j’étais constamment malade et les médecins ne comprenaient pas trop et ne savaient pas ce que j’avais, malgré les radios/scanners/IRM, etc.
Mon gastro-entérologue m’a donc prescrit une prise de sang très générale (la totale : cholestérol, VIH, hépatites, plaquettes, cellules immunitaires, etc). Et le souci avec cette histoire d’intolérance au gluten, c’est qu’elle est difficilement diagnostiquée. Du coup, il m’a conseillé de manger sans-gluten et de voir l’évolution de mon état. Et en effet, au bout de 2 semaines sans gluten, tout est rentré dans l’ordre, je n'avais plus les symptômes que je présentais avant ! On en a donc conclut que j’étais intolérante au gluten.
Et il faut le rappeler : l’intolérance au gluten est une maladie génétique. Ce n’est pas une allergie, mais une intolérance. Ce n’est pas du tout pareil. Une allergie vous fait une sorte de choc (brûlure, éruptions cutanées, boutons, œdème, etc). L’intolérance, elle, est assez fourbe, puisqu’elle agit de l’intérieur. Elle va, en gros, agir sournoisement et vous causer des tas de dérèglements (immunitaires, hormonales, digestifs, etc). Voilà pourquoi parfois certaines personnes sont intolérantes (au gluten et/ou lactose) sans le savoir.
Pour revenir à ma petite personne (oui, puisque la blogueuse est par définition narcissique et égocentrique, n’est-ce pas ?), pendant plus d’un an (deux ? je ne sais plus, en fait), j’ai suivi un régime STRICT sans gluten. Mais quand je vous dis strict, c’était vraiment très, très strict. Il ne s’agit pas uniquement de ne plus manger de pâtes ou de pain. Non, non. C’est bien plus compliqué, puisqu’en fait, le gluten on en trouve partout. Et le gluten ne se trouve pas uniquement la farine de blé ! Ce serait bien trop simple. Le gluten, on le trouve dans le blé et ses dérivés, bien sûr, mais aussi dans le seigle, l’orge, l’avoine et d’autres céréales.
Donc quand vous suivez un réel régime sans-gluten, vous devez contrôler tout ce que vous mangez. Absolument tout ! Je me souviens de ma mère qui mettait presque le double de temps pour faire les courses hebdomadaires pour analyser au peigne fin toutes les étiquettes de ce qu’elle achetait. Parce que le souci, c’est que dans beaucoup de produits, le gluten (et certains de ses dérivés) peut servir de conservateurs ou d’agglomérant.
Ca va vous paraître dingue mais par exemple, on a trouvé des traces de gluten dans certains chocolats (oui, oui) ou dans des plaquettes de jambons, entre autres. En plus, manger sans gluten goûte assez cher : certaines marques proposent maintenant gammes de tas de petits trucs sympas sans gluten (Gerblé, par exemple qui fait des gâteaux et des pâtes sans gluten), mais il faut aussi noter que les marques qui utilisent le moins de conservateurs à base de gluten sont des marques assez onéreuses.
Bref, tout ça pour dire que cette mode est totalement absurde ! Déjà parce que, premièrement, rares sont les personnes (les "non-intolérants") qui font réellement le régime sans-gluten au pied de la lettre, car il est très contraignant. Et deuxièmement, car il est idiot de se priver d’une protéine végétale par mode, uniquement pour être dans la tendance et vouloir faire comme les people. Vous pouvez réduire votre consommation de gluten (éviter le pain, par exemple), d’accord, mais la supprimer totalement sans nécessité de santé, c’est idiot.
D’autant que je peux vous dire que manger sans gluten est socialement extrêmement contraignant. Oubliez les apéros entre amis, oubliez les restos (beaucoup de cuisiniers ajoutent de la farine de blé dans leur sauce pour lui donner une meilleure consistance), oubliez les petits encarts plaisirs, etc…
Quand vous avez dû manger sans gluten, je peux vous dire que c’est révoltant de voir certaines personnes « s’amuser » avec cela puisque, je le répète, c’est une maladie, un handicap social et gustatif. Parfois la nuit, je rêvais que je mangeais des pâtes. Sans rire.
Si je parle au passé, c’est parce qu’actuellement, je supporte de nouveau de gluten. Mon médecin m’a dit que parfois, cela arrive : si l’on suit un régime très strict dans la durée, il est possible que tout rentre dans l’ordre. Bien sûr, l'intolérance ne disparaît pas totalement, et je ne me fais pas non plus une orgie de gluten tous les jours, mais je mange du gluten sans réellement me priver. Mais il est vrai que parfois, si j’ai beaucoup mangé de pâtes, de pains, etc dans la journée, je peux être assez mal le lendemain. Mais je me dis que ça valait le coup de me priver pendant une longue et difficile année.
De quoi motiver toutes celles et ceux qui me lisent et trouvent difficile de devoir vivre avec une intolérance. Persévérez, vos efforts payeront peut-être un jour.
Si vous qui me lisez, mangez sans gluten (par « choix », ou par nécessité), n’hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez : ça m’intéresse.
Et, chers intolérants au gluten, si vous souhaitez des petites astuces et des recettes sans-gluten, n’hésitez pas à me le demander, que ce soit ici ou par mail.
Et vous, que pensez-vous de cette « mode » sans-gluten ?
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