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mardi 19 juillet 2016

Je suis citoyenne du monde

Crédit photo : Noé Cendrier
J'aurais aimé ne plus jamais reprendre ma "plume-numérique" pour écrire sur un nouvel acte d'abomination. Le jeudi 14 juillet 2016, la fête nationale française s'est transformée en horreur absolue sur la magnifique promenade des Anglais, à Nice. Nice, 2ème ville touristique française. Nice qui, tout comme Paris, est un symbole de joie de vivre, de fête, de soleil, d'amour, de culture, d'apéros, de rires aux éclats. Tout un art de vivre qui déplaît aux fanatiques religieux.

Je suis fatiguée d'entendre de mauvaises nouvelles, de me rendre compte à quel point la haine et l'horreur n'ont plus de limite. De constater que pour beaucoup, les vies humaines n'ont plus aucune valeur. Comme si chacun avait le droit de vie ou de mort sur les autres.
Naïvement, j'ai deux questions à poser : quand et pourquoi. Quand le monde a-t-il dérapé de la sorte ? Pourquoi les gens se détestent-ils à ce point ?

Un climat de désespoir et de pessimisme s'installe progressivement en France, et plus largement dans le monde occidental. Mais outre ce défaitisme, c'est aussi un climat de haine qui, peu à peu, s'insinue entre nous et propage son venin. En tant que Française et citoyenne du monde, je REFUSE qu'une communauté soit stigmatisée à cause d'une poignée d'individus complètement retournés, dégénérés, manipulés et asservis. Le #NotInMyName n'a pas lieu d'être puisque personne ne devrait avoir à se justifier/s'excuser d'une chose qu'il n'a pas commise et d'un acte aussi répugnant.


"La cruauté est un geste de servitude : car elle atteste que la barbarie du régime oppresseur est encore présente en nous" - Jean Jaurès


J'aimerais poursuivre ce billet avec, outre mes plus grandes pensées pour les niçois, la vidéo d'une youtubeuse niçoise de confession musulmane. Elle fait habituellement des vidéos sur le maquillage et la beauté, mais cette semaine, elle a voulu s'exprimer dans cette courte vidéo de moins de 5 minutes qui m'a énormément émue.



Alors malgré les fortes chaleurs de ces dernières journées, on va se serrer les coudes, se tenir chaud, s'embrasser, fêter la vie, fêter la chance d'être en vie et profiter de chaque instant qui nous lie aux autres, à ceux que nous aimons. 
Qu'ils soient français, belges, tunisiens, libanais, turcs, syriens, irakiens, afghans, palestiniens, égyptiens, israéliens, pakistanais, nigériens,... 

Parce que nous sommes toutes et tous citoyen(ne)s du monde !

lundi 11 juillet 2016

7 semaines, plusieurs livres #14

Pour ce #14 de 7 semaines, plusieurs livres je n'ai que 4 livres à vous présenter (le 5ème étant actuellement en cours, bien que bien avancé, je ne peux pas vous en parler). Ce #14 s'étend sur la période du 16 mai au 4 juillet, et les partiels étant passés par là, je n'ai eu que très peu de temps (et d'envie) pour me poser et me plonger dans un bouquin. Cependant, parmi ces 4 lectures, il y a eu 2 gros coups de coeur, donc je me dis que c'est certainement un mal pour un bien !


* L'Attentat, par Yasmina Khadra
(256 pages)
4/5

C'est sur un sujet fort délicat que Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, s'aventure dans ce roman. L'histoire se passe en Israël, à Tel Aviv, capitale réputée pour sa joie de vivre, ses rues animées mais aussi, malheureusement, ces attentats. Nous suivons Amine, un chirurgien palestinien qui a été naturalisé israélien. Un jour, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant. Amine doit sauver les quelques survivants mais aussi faire face à une terrible nouvelle : il connaît le responsable de cette monstruosité. Cependant, je ne préfère pas vous en dire plus, puisque je trouve que l'éditeur a fait de graves erreurs en gâchant de nombreux rebondissements dans son résumé. Sachez juste qu'Amine connaît le kamikaze et selon lui, cette personne n'aurait pas été capable de faire une chose pareille.

C'est une histoire magnifique, puisque Yasmina Khadra ne nous plonge pas dans l'univers des victimes, mais plutôt dans celui de la famille du terroriste. C'est suffisamment rare pour être souligné et surtout, pour s'y intéresser.
J'ai eu un véritable coup de coeur pour cette lecture qui, malheureusement, est d'actualité pour tous les pays du monde. Après le 13 novembre, j'ai plusieurs fois pensé aux familles des kamikazes et des tueurs... Que peut-on ressentir lorsque la chaire de notre chaire a commis une telle horreur ? Avec l'Attentat, Yasmina Khadra nous livre une courte histoire émouvante dont on se souvient très longtemps après. Et cette fin...!

Cependant, il y a un "mais", et non des moindres. Ce "mais" m'a laissée perplexe et je me pose encore actuellement des questions par rapport à ceci. Dans le roman, Amine est amené à rencontrer des personnes de ces groupes terroristes pour tenter comprendre le geste de la personne de son entourage. C'est à ce moment là que Yasmina Khadra place dans la bouche de "ses" personnages terroristes des propos largement anti-Israël et antisionistes, dont certains à la limite de l'antisémitisme. Du coup, je me suis posée la question suivante : Khadra dénonce-t-il l'antisionisme et l'antisémitisme (qui, rappelons-le, ne sont pas du tout la même chose) à travers ces propos, ou au contraire, y prend-il part ? Plusieurs semaines après ma lecture, j'ai encore du mal à cerner la réponse. Si vous avez lu le roman, j'aimerais que vous me donniez votre avis sur ces passages, puisque je suis vraiment dubitative ! (Attention : aucun débat sur le conflit israélo-palestinien ne sera toléré ici ; ce n'est ni le lieu, ni le moment. De ce fait, d'éventuels commentaires à ce propos seront supprimés avant même d'être publiés).

Néanmoins, l'Attentat est un excellent livre qui m'a passionné du début à la fin et qui nous offre un point de vue différent et intéressant.


* Contes des Royaumes, tome 2 : Charme, par Sarah Pinborough
(240 pages)
2/5

Comme à son habitude, Sarah Pinborough revisite les contes cultes de notre enfance... à sa manière ! Il s'agit ici d'une réécriture du conte de Cendrillon.
J'ai beaucoup apprécié la modernité apportée à l'histoire et l'aspect bien moins "greluche" de Cendrillon, mais le charme n'a pas réellement opéré avec moi.

Le tout s'avère peut entraînant, pas particulièrement intéressant, et un brin répétitif. Les quelques scènes de sexe sont très stéréotypées et le côté "je ne sais pas ce que je veux" de Cendrillon m'a plusieurs fois donné envie d'abandonner ma lecture. J'espère que le troisième tome de cette trilogie sera plus entraînant que les deux premiers, un peu pâlots à mon goût.






* Avant Toi, par Jojo Moyes
(528 pages)
5/5

Avant Toi est certainement à l'heure actuelle mon plus beau coup de coeur de 2016. Cependant, ayant vu le film très récemment, j'ai envie de garder un peu de suspense pour pouvoir vous en parler dans ma rubrique Du livre au film que j'ai un peu laissé à l'abandon (le dernier article date de septembre 2015). 

Vous retrouverez donc mon avis et mon comparatif livre-film d'ici peu !










* L'Epouvanteur, tome 2 : La Malédiction de l'Epouvanteur, par Joseph Delaney
(361 pages)
3/5

J'avais entamé cette saga il y a environ 2 mois, et je m'étais laissée charmer par cet univers si particulier et si sombre qu'instaure Joseph Delaney. Si ce deuxième tome ne m'a pas déçue, il ne m'a cependant pas autant emballée que le premier, malgré un scénario très sympa et une nouvelle "créature" assez exceptionnelle ! Il faut dire que c'est le livre que je lisais péniblement pendant mes révisions de partiels, donc je pense que mon "contexte psychologique" a pas mal joué sur mon appréciation de ce livre.

Cependant, c'est toujours un bonheur de retrouver Tom et Monsieur Gregory auxquels je suis très attachée. Je lirai avec plaisir le reste de cette saga, et je vous encourage à vous lancer dans le premier tome si ce n'est pas déjà fait.
Toutefois, je réitère ce que j'avais dit lors de la chronique du premier tome : malgré ce que laisse sous-entendre l'éditeur, l'Epouvanteur n'est pas destiné à la jeunesse : public sensible et peureux s'abstenir !


Et vous, qu'avez-vous lu dernièrement ?

vendredi 20 mai 2016

7 semaines, plusieurs livres #13

C'est avec un petit peu de retard que je viens vous parler de mes dernières lectures dans ce #13 de 7 semaines, plusieurs lectures (du 28 mars au 16 mai 2016).
Parmi ces 10 livres, j'ai eu de nombreux coups de coeur, mais tout de même une grosse déception ; il en faut, de temps en temps...!

* Elle & Lui, par Marc Lévy
(384 pages)
Ma note : 3/5

J'ai eu simplement envie de faire ma chronique en écrivant "C'est du Marc Lévy". Puis je me suis dit que ce n'est pas particulièrement respectueux, tant envers l'auteur qu'envers vous : après tout, si vous lisez cette rubrique, c'est pour avoir mon avis, un avis un minimum construit et détaillé, j'entends.
Mais cependant, je dois admettre que c'est ce que j'ai ressenti tout le long de ma lecture. Je n'ai jamais été friande de cet auteur ; j'ai dû lire 2-3 de ses romans il y a de ça au moins 5 ans, puis je me suis rendue compte que, d'un livre à l'autre, le schéma est le même. Avec Elle & Lui, j'ai eu le même sentiment. Toujours la même chose : deux personnages qui n'ont rien à voir se rencontrent et finissent par s'éprendre l'un de l'autre. Classique. Digne d'un téléfilm de M6 ou d'un épisode de Joséphine ange gardien.

Pourtant, j'ai passé tout de même un bon moment de lecture, malgré le fait que j'aie deviné la fin au bout d'une cinquantaine de pages à peine... D'où le 3/5 : c'est mignon, plaisant à lire, mais trop "cheesy" à mon goût. Toutefois, il faut admettre que de temps en temps, nous avons besoin de ce type d'histoire ! Mention spéciale pour le décor du livre ; Marc Lévy y décrit en détail plusieurs coins de Paris, et j'ai trouvé que ça amenait un petit truc en plus que les Parisiens comprendront sans souci (le côté chauvin en moi, certainement !).

Autre chose que j'ai trouvée plutôt sympa : on retrouve quelques personnages de Et si c'était vrai. Petit clin d'oeil plutôt chouette de l'auteur envers ses lecteurs.
Si vous aimez les histoires d'amour cousues de fil blanc, vous adorerez Elle & Lui. Si, au contraire, ce type de romans vous énerve, passez votre chemin.


* Les Étoiles de Noss Head, tome 2 : Rivalités, par Sophie Jomain
(378 pages)
Ma note : 4,5/5

Quelle fin, mais quelle fin !!!! Je vous parle rarement de mes lectures en évoquant la fin, mais ici, c'est assez dingue, vraiment. Comme d'habitude lorsqu'il s'agit d'une suite, j'évite de trop vous en dire, mais je peux néanmoins vous dire une chose : l'histoire ne s'épuise pas, loin de là.
Sophie Jomain a eu l'excellente idée d'amener de nouveaux personnages très intéressants, ce qui fait que le lecteur ne se lasse pas de l'intrigue qui est sans cesse renouvelée.

J'en parlais avec Adrien à l'issue de ma lecture (le hasard a fait que nous l'avons lu et terminé exactement en même temps, donc nous avons pu parler de l'évolution de l'histoire), je trouve que Sophie Jomain est très habile avec sa saga. Elle ne fait pas trois tomes longuets dans le seul but de noircir des pages. Non, elle fait en sorte que chaque tome apporte quelque chose, que l'histoire avance. Chose de plus en plus rare dans les sagas qui, je trouve, sont généralement trop longues et trop lentes. Dans de nombreux cas, un one-shot aurait suffit !

J'ai adoré ma lecture, et je conseille cette saga à tous les amoureux du fantastique. Pourquoi "seulement" 4,5 et non pas 5 ? Nul n'est parfait, et je dois admettre que parfois, Hannah est un poil énervante. Mais que voulez-vous... c'est l'amour !


* Paranoïa, par Melissa Bellevigne
(320 pages)
Ma note : 3,5/5

Vous connaissez peut-être Melissa sous le pseudo Golden Wendy, pseudo que cette jeune maman de 2 garçons utilise sur Youtube et sur son blog depuis déjà plusieurs années. Melissa écrit depuis qu'elle est très jeune, mais ce n'est que récemment qu'elle a enfin pu faire publier son premier roman. C'est assez "idiot" puisque je ne la connais pas personnellement, mais je suis très fière d'elle et je suis heureuse qu'elle ait enfin pu réaliser son "rêve de petite fille" comme elle le dit si bien. De ce fait, il fallait absolument que je lise ce qu'elle a écrit, d'autant plus qu'elle en avait parlé sur son blog bien avant la sortie officielle et que l'histoire me faisait grandement envie.

L'histoire, justement, nous plonge dans un univers assez particulier, parfois à la limite du glauque et du malsain. Nous suivons deux personnages : Judy, une jeune femme de 20 ans internée pour paranoïa, et Lisa, une psychiatre extrêmement douée. Comme vous vous en doutez, les deux personnages se rencontrent très vite : Lisa est irrésistiblement attirée par l'histoire de Judy. Selon elle, Judy n'est pas forcément la "folle" que les autres médecins décrivent : elle pense qu'il y a autre chose, quelque chose qui a pu échapper au corps médical.

J'ai beaucoup apprécié l'intrigue du livre, son rythme et son petit côté "Shutter Island", vous savez ce moment où vous ne savez plus qui et quoi croire... J'adore ce type de récit !
J'ai beaucoup aimé le personnage de Lisa et je ne sais pas pourquoi mais elle me faisait beaucoup penser à Melissa et d'ailleurs, c'est son visage que je mettais sur ce personnage.
Petit bémol : la fin. Si Melissa a prévu une suite, alors je trouve la fin de Paranoïa top. Si non, je suis restée sur ma faim/fin. Vraiment. Un autre bémol, purement esthétique : la couverture. Je n'aime pas du tout, elle fait très "ado", ça me gêne, surtout compte tenu de l'histoire.
Mais c'était une très bonne lecture que je conseille cependant aux adultes, malgré la classification de l'éditeur et des vendeurs !

* L'Épouvanteur, tome 1 : L'Apprenti-épouvanteur, par Joseph Delaney
(275 pages)
Ma note : 4/5

Des années que j'entendais parler de cette saga sans jamais avoir sauté le pas ! Après avoir fini ce premier tome, je me suis vite rendue compte que ça avait été une erreur de ma part puisque j'ai passé un excellent moment de lecture en découvrant le personnage de Tom et de son mentor. 
Cependant j'ai une grande incompréhension quant à la mention "jeunesse" : je peux vous dire que si vous faîtes lire cette saga, ou du moins ce premier tome en tout cas, à un enfant de 10 ans, il ne dormira pas de la nuit !

Loin de l'aspect "bon enfant" suggéré par l'éditeur, L'Epouvanteur est une saga qui vous plonge immédiatement dans un univers sombre, parfois cynique malgré lui, qui vous emprisonnera pour de longues heures de lecture durant lesquelles vous ne pourrez pas lâcher le livre ! J'ai adoré découvrir petit à petit les deux personnages principaux et surtout, découvrir ce qu'est vraiment un Epouvanteur.
D'ailleurs, je suis très tentée de lire le second tome en Anglais, puisque le niveau de langue était très abordable.

Je conseille cette (longue) saga à tous les amoureux de fantastique, épouvante, fantasy et sorcellerie : ce tome 1 est le premier d'une saga comptant à l'heure actuelle 12 tomes et j'ai hâte de tous les découvrir.


* Les Étoiles de Noss Head, tome 3 : Accomplissement, par Sophie Jomain
(476 pages)
Ma note : 4/5

Je dois admettre que c'est avec un brin de nostalgie que j'ai achevé la trilogie Les Étoiles de Noss Head. Je m'étais beaucoup attachée à Leith et Hannah, ainsi qu'à certains personnages que l'on rencontre au fil des pages, notamment dans le tome 2.

Comme je vous l'ai dit un peu plus haut pour ma critique du tome 2 (Rivalités), la fin était telle que c'était vraiment difficile de ne pas enchaîner de suite avec ce troisième et dernier tome. Cependant, j'ai voulu lire quelques livres entre les deux pour éviter une overdose et donc de me dégoûter de l'histoire (ce qui aurait été dommage puisque j'ai beaucoup aimé cette saga).
Comme toujours avec Sophie Jomain, j'ai adoré ma lecture, j'ai adoré retrouver les personnages et l'univers magique écossais.

Toutefois, j'ai trouvé à ce tomes quelques longueurs, comme si l'auteure elle aussi ne voulait pas quitter ses personnages et écrire la page finale de cette formidable et divertissante saga.
Peu importe, j'ai encore une fois passé un excellent moment et je ne regrette absolument pas d'avoir lu cette saga qui m'a permis de très bons moments de lecture ! Et mention spéciale à l'éditeur J'ai Lu pour ses magnifiques couvertures.


* Le Pianiste, par Władysław Szpilman
(320 pages)
Ma note : 4/5

Je me souviens avoir vu le film en cours d’histoire en 4ème ou en 3ème, avec un prof absolument génial, d’ailleurs. J’avais été totalement bouleversée et touchée par Le Pianiste. L’acteur Adrian Brody y était fantastique et l’ambiance, bien que pesante, était magnifique.
Aujourd’hui, plus ou moins 7 ans après, je me plonge dans ce témoignage de l’auteur et musicien polonais Wladyslaw Szpilman, tout en écoutant du Chopin, et je suis toujours aussi émue. Peut-être parce qu’entre temps, j’ai eu la chance de rencontrer ma famille, en Pologne, et que j’imagine ce que mes ancêtres, pourtant si proches dans le temps quand on y pense bien, ont vécu pendant la Guerre.

C’était un très beau récit. Si vous vous attendez à quelque chose de très mouvementé, passez votre chemin : Le Pianiste n’a rien de tout ça, Szpilman nous y décrit le quotidien du ghetto de Varsovie. Cependant, quelque chose m’a un peu frappée à ma lecture : tout n’est pas forcément en ordre chronologique. L’auteur peut bien vous parler d’une journée d’avril 1941 et ensuite vous reparler de quelque chose qui a eu lieu en 1940. Ça plait ou ça ne plait pas, mais personnellement j’ai bien apprécié cette organisation désorganisée. L’auteur écrit au rythme de ses pensées, de ce qu’il ressent, et ne se force pas à donner un ordre cohérent à ses pensées. J’aime la spontanéité, donc ça m’a plu.

Chacun de nous devrait avoir lu Le Pianiste, pour ne jamais oublier et ne jamais permettre à l’Humanité de commettre les mêmes erreurs.



* Nos âmes jumelles, par Samantha Bailly
(320 pages)
Ma note : 4/5

J’ai passé un excellent moment en lisant Nos âmes jumelles. Il n’y a pas à dire, avec Samantha Bailly, je suis toujours ravie de mes lectures. D’ailleurs, complètement à part, mais je suis ravie de voir que cette auteure s’est fait un nom dans le monde de la littérature. J’avais eu l’occasion de la rencontrer au village du livre de la Fête de l’Humanité en 2009. A ce moment-là, elle faisait la promo de La Langue du silence, premier tome d’Au-delà de l’Oraison, une chouette saga fantasy. Depuis, Samantha Bailly a publié une dizaine de livres supplémentaires, dans des styles divers et variés. Je trouve génial qu’un(e) passionné(e) puisse vivre de sa passion !

Et c’est en partie de ça dont parle Nos âmes jumelles : de passion, de littérature, de création, et surtout d’amitié : quand des passions communes rapprochent ! Le livre alterne les points de vue, chapitre après chapitre, entre Sonia et Lou. Sonia aime écrire, en réalité elle ne vit que pour ça. Lou, quant à elle, dessine depuis longtemps. Les deux jeunes filles commencent à discuter un peu par hasard sur un forum en ligne. Elles y parlent mangas, jeux vidéo, dessins. Puis peu à peu, leurs échanges deviennent plus fréquents, plus personnels. Sonia écrit, Lou prend le crayon pour donner vie à ses histoires. Ensemble, elles vont monter un projet de BD. Malgré l’écran qui les sépare, ces deux jeunes filles tissent peu à peu une magnifique amitié.

Ce livre a fait écho en moi, puisque je me rends compte que j’ai pu grâce à mon blog « rencontrer » des personnes que j’apprécie énormément et que je considère comme de réelles amies, bien que tout cela ne soit « que » virtuel. Je mets le « que » entre guillemets, puisqu’en lisant ce roman, je me suis rendue compte que ces amitiés « virtuelles » comptaient pour moi, et je pense que les personnes concernées se reconnaîtront dans mes propos. C’est aussi de ça dont parle Samantha Bailly. Pour l’instant, je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer l’une de vous, mais j’ai hâte que ce soit le cas. En février, Diane va venir à la maison et nous profiterons ensemble d’une passion commune (entre autres) : un concert d’Epica. Plusieurs années, au moins 7 ans, que nous discutons, que nous échangeons, et je la considère depuis bien longtemps comme une amie. Je suis très heureuse à l’idée de rencontrer mon amie pour de vrai !

Nos âmes jumelles, c’est aussi une histoire de tolérance et de persévérance. Samantha Bailly y aborde tous les thèmes de l’adolescence sans jamais tomber dans les clichés ou, au contraire, faire croire que tous les ados sont 100% heureux. J’ai adoré la justesse de sa narration, la vérité de ses propos.
Je pense que nous pouvons tous plus ou moins nous identifier à cette histoire, et c’est pour cette raison que je conseille Nos âmes jumelles à toutes et à tous.


* Captive, tome 1 : Les Nuits de Shéhérazade, par Renée Ahdieh
(448 pages)
Ma note : 5/5

J'ai été très surprise par ce premier tome qui, pour moi, pourrait largement se suffire à lui-même. Renée Ahdied nous plonge en plein Orient, aux côtés de Shéhérazade qui accepte d'épouser le jeune et sanguinaire calife du Khorassan, Khalid, dans le but de venger sa meilleure amie Shiva, assassinée par cet homme. En effet, Khalid exécute à chaque lendemain de noces sa jeune épouse. Shéhérazade va réussir à échapper à ce funeste sort en racontant à Khalid des histoires dont elle promet la fin le lendemain. Peu à peu, la jeune femme va tenter de découvrir pourquoi le calife agit ainsi.

Je n'ai jamais lu les contes des 1001 nuits, bien qu'ils m'attendent sagement sur ma liseuse, mais j'ai beaucoup aimé les allusions aux quelques légendes que nous connaissons toutes et tous et que Shéhérazade raconte à Khalid : la lampe du génie, le tapis volant, etc... Cependant, n'ayant pas lu les contes originaux, je ne serais pas vous dire si Renée Ahdied a réinventé ses légendes à sa manière ou si elle les raconte tels quels.

C'est captivant et dépaysant ! Je suis assez attirée par les coutumes, les contes et légendes des pays du Proche et du Moyen-Orient, et je trouve génial que ces paysages soient le théâtre d'un roman jeunesse/Young Adult : ça change !
Et justement, autre chose innovante que j'ai adoré : le niveau de langue. J'ai remarqué dans d'autres lectures de ce genre que les auteurs ont parfois tendance à prendre leurs jeunes lecteurs (de 15 à 25 ans, en gros) pour des idiots qui n'ont qu'un fiable bagage lexical. Ici, Renée Ahdieh adopte un style un brin soutenu sans tomber dans le pompeux et plutôt descriptif ce qui, pour moi, est vraiment appréciable et riche d'un point de vue littéraire.

J'ai adoré ce premier tome, et j'ai hâte que le tome 2 sorte bien que, comme je vous l'ai dit plus haut, il pourrait être un one-shot largement satisfaisant.
(NE LISEZ PAS LE RÉSUMÉ DE L'ÉDITEUR SI CE LIVRE VOUS TENTE : l'éditeur spoile à mort !!!)


* L'Elite, tome 1 : Résilience, par Joëlle Charbonneau
(320 pages)
Ma note : 2/5

Et une dystopie de plus, une ! Malgré les nombreuses bonnes critiques autour de cette saga, et notamment de ce premier tome, j’ai été très déçue par L’Elite qui, pour moi, n’est qu’un mélange plus ou moins convaincant de plusieurs best-sellers de la dystopie et/ou du Young Adult. Le Passeur pour l’aspect sociétal (dictature où tout semble trop parfait pour être réel),  Hunger Games pour le côté jeu mortel et Divergente pour l’ambiance générale.

Je vais quand même vous faire un bref résumé de l’histoire. Racontée à la premier personne du singulier, L’Elite nous permet de suivre Cia, une jeune fille qui étudie beaucoup depuis son plus jeune âge pour accéder à l’université, à l’Elite de cette société post-guerre (on ne sait pas particulièrement à quel siècle l’histoire se passe, mais au moins plusieurs siècles après nous). Cependant, avant d’accéder à l’université, le chemin n’est pas aisé. Il faut d’abord avoir été sélectionné pour le Test (une centaine d’élèves sélectionnés dans tous les « cantons » de la Communauté Unifiée), puis passer les épreuves de ce Test.

Voilà, c’est tout. C’est tout sauf original, tout sauf innovateur, tout sauf bien écrit. J’ai mis au moins plus de la moitié avant d’être un minimum dedans (et encore…) et les similitudes avec les trois œuvres citées plus haut m’ont tellement énervées que je n’ai pas apprécié ma lecture. Les personnages sont très prévisibles et leur personnalité n’est pas assez creusée.
J’avais lu sur Babelio que la fin de ce premier tome donnait envie de continuer la saga. Ça n’a pas été le cas pour moi : Joëlle Charbonneau a achevé son roman de sorte qu’il pourrait être un one-shot à la fin un peu ouverte.

Vous l’aurez compris, je ne lirai pas la suite parce que ça ne m’a pas spécialement emballé et aussi parce que ce premier tome ne mérite pas forcément de suite…




* Vous n'aurez pas ma haine, par Antoine Leiris
(144 pages)
Ma note : ---

Le 13 mai 2016, je vous faisais un article où, entre autre, je vous parlais de ce récit témoignage. Vous pouvez le (re)lire ICI.









Et vous, qu'avez-vous lu dernièrement ?

vendredi 13 mai 2016

"Réparer les vivants"

Nous sommes aujourd'hui le 13 mai 2016. Il y a 6 mois jour pour jour, le vendredi 13 novembre 2015, Paris était frappée dans son coeur, dans ses valeurs. La vie, pourtant sacrée et qui ne devrait jamais être otée arbitrairement, a noté son point final pour 130 personnes. 130 destins brisés, 130 âmes fauchées en plein vol, mais aussi toutes ces autres victimes : celles et ceux qui étaient présents sur les lieux de cette funèbre tragédie, mais également leurs amis, leurs familles, leurs collègues.

Aujourd'hui, j'ai envie de rendre hommage à toutes ces personnes, mais j'ai également envie d'adresser mon soutien à celles et ceux qui ont vécu ces événements de chez eux, impuissants. Celles et ceux qui ont cherché à joindre plusieurs personnes en attente de nouvelles, en priant presque inutilement un dieu en lequel elles n'ont jamais cru.
J'ai aussi envie de penser à cette femme qui m'avait bouleversée le lundi 16 novembre, dans le métro (cf : ICI). Je doute qu'elle passe un jour ici, mais si par hasard c'était le cas, je lui adresse tout mon amour, tout mon bonheur, tous mes sourires et ma gratitude quotidienne de vivre, tout simplement.

Parce que même 6 mois après, les souvenirs sont toujours là, toujours aussi nets dans nos esprits, et que la jeunesse de milliers de Français aura été terni par des personnes haineuses et égarées. 6 mois après, nous n'oublions pas, nous n'oublierons jamais. Il s'agit alors de "réparer les vivants", comme le titrait Axel Cadieux pour le Society n°20 (du 27 novembre au 10 décembre).
D'un point de vue psychologique et psychiatrique, l'épisode de stress post-traumatique (ESPT) ne concerne pas uniquement les personnes qui ont été présentes sur les lieux d'une tragédie. Non, il concerne toutes celles et ceux qui en ont été affectés, de près comme de loin. Je pense que chacun à notre échelle, chacun avec une intensité différente, nous avons connu un ESPT. Et c'est ensemble que nous parviendrons à en apaiser la douleur.

Alors en ce 13 mai 2016, pour rendre hommage aux victimes et aux vivants, j'ai envie de partager avec vous le récit témoignage "Vous n'aurez pas ma haine" du journaliste Antoine Leiris.
Cet homme a perdu sa femme, Hélène, au Bataclan. Alors qu'il passait la soirée à la maison avec son fils Melvil, il assiste impuissant aux images diffusées en boucle par les chaînes d'information. Son témoignage aura été salvateur pour lui : par la plume, il exorcise sa tristesse, son chagrin, sa peine, mais surtout, il nous montre que la vie doit malgré tout continuer, pour chacun d'entre nous. Le titre de son récit, "Vous n'aurez pas ma haine", est incroyablement fort

Je trouve Antoine Leiris admirable et digne, parce que bien que je n'ai perdu personne cette nuit-là, les responsables de cette tragédie ont eu ma haine dès les premières minutes, et ils l'auront jusqu'à la fin de ma vie, et même au-delà, j'en suis persuadée. Ils ont aussi ma haine puisqu'ils réussissent à créer un climat de méfiance et de tension dont souffrent actuellement les citoyens français de confession musulmane. J'ai été témoin de nombreuses réactions plus que limites depuis ce 13 novembre, et je sais que c'est en grande partie à cause d'eux. Je les hais également pour ça, pour semer la haine encore plus, et tenter de nous séparer les uns des autres, quelles que soient nos opinions, nos croyances ou nos modes de vie, encore une fois, comme si l'Histoire ne l'avait déjà pas assez fait.
Je trouve Antoine Leiris admirable et digne, puisqu'il a dû, en plus d'affronter la réalité et son chagrin, continuer de vivre, au moins pour son jeune fils.
Je trouve Antoine Leiris admirable et digne, puisqu'il aurait été plus simple pour lui de haïr ces personnes ; mais il ne l'a pas fait.
Je trouve Antoine Leiris admirable et digne, puisqu'il admet ses faiblesses et ses craintes pour l'avenir : le sien et celui de son enfant à qui il devra un jour expliquer pourquoi sa maman n'est plus là.

Le 16 novembre, Antoine Leiris postait une message particulier sur son mur Facebook. J'ai envie à mon tour de le partager avec vous puisqu'il résume en grande partie le ton de son témoignage :

"Vendredi soir, vous avez volé la vie d'un être d'exception, l'amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n'aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a faits à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l'avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j'aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l'ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d'attente. Elle était aussi belle que lorsqu'elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j'en suis tombée éperdument amoureux il y a plus de douze ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu'elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n'aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. Je n'ai d'ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a dix-sept mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours, et toute sa vie ce petit garçon vous fera l'affront d'être heureux et libre. Car non, vous n'aurez pas sa haine non plus."

Antoine Leiris était sur le plateau de l'émission "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier du 7 mai. Voici son passage :

"Vous n'aurez pas ma haine" est un récit magnifique que j'ai gravé dans ma mémoire à tout jamais afin de m'inspirer de la détermination et du courage de cet homme, pour affronter tous les moments noirs de ma vie. Je sais que ce n'est pas possible, mais j'aimerais beaucoup avoir des nouvelles d'Antoine Leiris d'ici 5 ans, ou même 10 ans.
J'aimerais discuter avec lui, prendre de ses nouvelles, savoir s'il va bien, tout simplement.

dimanche 22 novembre 2015

Fluctuat nec mergitur

Paris, Place de la République, le 20 novembre 2015
Je suppose que pour tout le monde, cette semaine a été particulièrement difficile. Vendredi, alors que je rendais visite à un ami qui habite dans le XIème, j'ai ressenti le besoin de me rendre Place de la République, à quelques pas de chez lui, et au Casa Nostra, une des terrasses touchée par la barbarie, vendredi dernier.

Comme je vous l'ai dit la semaine dernière, le XIème arrondissement de Paris est un quartier qui me tient particulièrement à coeur. Pour sa vie, ses rues toujours bondées mais finalement agréables, sa douceur de vivre, son charme... C'est un quartier populaire dans lequel il est toujours agréable de flâner et de boire un verre ou deux, voire trois si vous êtes en forme.

Je dois avouer que durant toute la semaine, je n'ai pas pu me rendre sur les lieux des attentats. D'un point de vue de mon emploi du temps, mais aussi par manque de courage. Non par peur, non ! Mais je savais que je n'aurais pas la force de me rendre au Casa Nostra, cette terrasse que j'ai si souvent fréquentée avec Edouard, après les cours, histoire de décompresser avec un café ou une bonne bière. Un lieu chaleureux et jovial. A peine arrivée en terrasse ou à l'intérieur dans les périodes les plus froides, je me sentais immédiatement à l'aise. C'est pour cette raison que nous revenions à chaque fois. De très nombreuses fois !

Vendredi j'ai finalement décidé d'y revenir. Je n'étais pas seule, j'étais avec Edouard, et je savais qu'il serait là pour me soutenir. Ce fut extrêmement dur émotionnellement de voir toutes ces fleurs, ces mots d'amour, ces bougies et ces dessins devant cette terrasse. Un lieu que j'ai si souvent côtoyé, abandonné ici à son deuil et sa tristesse. Je me suis alors sentie orpheline...
Nous avons acheté quelques fleurs, pour les déposer sur ce trottoir marqué à vie.

Je partage avec vous les quelques photos prises vendredi, une semaine pile après ce drame. Si vous lisez cet article sur un téléphone ou une tablette, cliquez sur les images pour les avoir dans leur qualité d'origine.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne semaine, et surtout, beaucoup de courage.

Place de la République, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

Place de la République, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

Casa Nostra, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

Casa Nostra, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

Place de la République, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

Place de la République, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

Place de la République, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

Place de la République, Paris XIème, vendredi 20 novembre 2015

mardi 17 novembre 2015

"Love is our resistance"

Rue de la Fontaine au Roi. Photo : Benjamin Filarski
J'ai voulu ce soir reprendre la plume avec une citation empruntée au groupe Muse. "Love is our resistance" est certainement la phrase qui résume à merveille l'union, la communion et le recueillement de ces derniers jours, à Paris, dans toute la France, et même dans le monde entier.
Ce week-end a sûrement été la période la plus triste et la plus pesante que nous ayons connue depuis les attentats du 11 septembre. Lundi, les Français sont retournés travailler, les écoliers ont repris le chemin de l'école, la ville de Paris a commencé, peu à peu, à se remettre en marche. Doucement, mais sûrement, et avec beaucoup d'amour et de paix.

Lundi matin, à 8h30, l'amphi n'était qu'à moitié plein. Notre professeur de psychologie a tenu à nous laisser la parole, avant la minute de recueillement. Chacun a pu, s'il le souhaitait, s'exprimer, donner son ressenti ou, tout simplement, faire part de sa tristesse et de ses pensées pour les proches des victimes. Ce long temps de parole a été très dur psychologiquement, mais je pense qu'il a été bénéfique pour toutes les personnes présentes. Parler, s'exprimer, penser, réfléchir et pleurer. Tout ça sans être jugé, et surtout, dans un respect et une tolérance absolue.

J'espère sincèrement que de votre côté, vous avez pu, si vous le souhaitiez, vous exprimer. Chacun réagit différemment à ce genre d'événements tragiques. Certains auront besoin de pleurer et de dire tout ce qu'ils ressentent ; d'autres se plongeront dans un mutisme profond, en créant ainsi un bouclier entre eux et le monde extérieur. Le plus important en ce moment est de laisser chacun apaiser son coeur comme il le désire. Sans aucun jugement.
Je fais partie des quelques personnes qui ont du mal à parler et qui se cachent pour pleurer. J'ai toujours été plus à l'aise avec l'écrit, et j'ai pu, grâce à certains amis et certaines connaissances, pouvoir m'exprimer par sms, par messages privés ou même ici, sur mon blog. Lundi matin a été l'occasion d'ouvrir les vannes.

Si j'ai voulu écrire aujoud'hui, c'est aussi et surtout pour vous faire part de deux choses qui se sont passées ces dernières jours et qui m'ont bouleversées.

Tout d'abord lundi matin, sur la ligne 9 du métro parisien que j'emprunte tous les jours. Un silence de plomb régnait dans le wagon. Des regards se croisaient et quelques sourires tentaient d'apaiser les coeurs meurtris. Une femme d'une cinquantaine d'années, debout à côté de moi, a aperçu mon tatouage All is One, sur mon avant-bras droit. Elle a ôté ses écouteurs pour discuter quelques instants avec moi. Parmi ses nombreux mots, deux phrases me sont restées en mémoire : "Votre tatouage est aujourd'hui un des symboles de notre solidarité et des sentiments qui devraient tous nous lier, dans les bons comme dans les mauvais moments. C'est le tatouage de l'espoir de ma génération, de la vôtre, mais aussi de celles à venir".
Cette femme s'est mise à pleurer, mais j'ai eu une réaction simple mais forte : je l'ai prise dans mes bras et nous avons pleuré, en silence.

Et ce soir, avec quelques amis, nous avons permis à une copine de se changer les idées le temps d'un verre. Un unique verre, mais un verre chargé d'émotions et d'amour. Cette copine a malheureusement perdu sa meilleure amie au Bataclan vendredi soir. Nous avons donc décidé, avec 6 ou 7 autres amis, de sortir, de prendre un verre dans un bar des rues de Paris. En terrasse. Nous avons tranquillement bu notre bière, et lorsque le barman a mis de la musique, nous lui avons demandé d'augmenter de volume, et nous avons dansé, ri, chanté, jusqu'à en avoir mal aux pieds et mal aux côtes. Mon amie pleurait, mais elle pleurait d'émotion. Elle pleurait puisqu'elle était heureuse et touchée de voir que nous étions toutes et tous à ses côtés. Jamais nous ne pourrons apaiser son chagrin, mais nous voulions lui témoigner notre amour et notre soutien.
Ses larmes étaient certainement les plus belles larmes de ces derniers jours, les plus belles larmes que j'ai pu voir dans toute ma vie : des larmes d'espoir et de bonheur de pouvoir se retrouver tous ensemble.
Vivants et insouciants.

Tout ceci pour vous montrer qu'actuellement, c'est l'union qui nous permet de traverser cette période difficile. C'est l'union qui, bien qu'elle ne pourra jamais effacer les souvenirs, pourra, peu à peu, nous permettre de panser les blessures.
Love is our resistance.

samedi 14 novembre 2015

La Ville des Lumières plongée dans le noir

J'avais prévu de poster demain un article. Mais, vous vous en doutez, je ne peux me résoudre à publier sur mon blog en faisant comme s'il ne s'était rien passé.

Je ne compte pas revenir sur les faits dans ce billet puisque je suppose que vous n'entendez que ça depuis hier soir. Mais je suppose que, comme les 66 millions de Français, je ne suis pas la seule à être choquée par cette barbarie sans nom, cette attaque terroriste de masse dont le simple but était de tuer arbitrairement et de nous faire peur.
Tout d'abord, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont pris de mes nouvelles hier soir, que ce soit des amis, de la famille ou même des blogueurs (notamment ma jolie Sara) et des lecteurs. Rassurez-vous, je vais bien, j'étais à l'abri chez moi et chacun de mes proches va bien également.
Je tiens à faire des bisous particulièrement à deux personnes : Edouard qui habite dans le quartier de la fusillade, dans le XIème et qui a tout entendu de chez lui, qui a hébergé des spectateurs du Bataclan chez lui grâce au mouvement #PorteOuverte ; et Tatiana, qui m'a proposé de passer la nuit chez elle en cas de problème.

Je me sens touchée en plein coeur puisque ces tueries ont touché des endroits qui me tiennent à coeur pour des raisons différentes. Tout d'abord le Stade de France, ce stade qui m'est cher, qui symbolise toute la puissance sportive française.
Il y a ensuite le Bataclan, cette salle de concert que j'ai si souvent côtoyé depuis 5 ou 6 ans. Cette salle où je vais voir Symphony X en février. Sensation particulière... Aurai-je le courage de fouler un parquet qui, quelques mois plus tôt, aura été baigné dans le sang ?
Enfin, le XIème arrondissement, ce coin de Paris que j'apprécie le plus, mon "chez-moi" depuis maintenant 4 ans. Des rues que je connais bien, des terrasses de café que je fréquente régulièrement, notamment le Casa Nostra, où j'allais fréquemment avec Edouard.. Un quartier plein de vie, de bonheur et de bonne humeur aujourd'hui réduit au silence.
Le nombre de victimes augmente d'heure en heure, et j'espère que tout s'arrêtera vite...

Ce soir, je pense avec beaucoup d'émotions aux familles et proches des victimes ; aux témoins ; aux résidents des quartiers touchés ; aux supporters présents au match et au groupe Eagles of Death Metal qui se produisait sur la scène du Bataclan.
Une pensée particulière pour Justine, si elle passe par ici. Je pense très fort à toi et tes proches.

Je vous embrasse tous de tout mon coeur, et j'espère que vous êtes tous en sécurité chez vous et que vos proches vont bien.
Serrons-nous les coudes et surtout, ne cédons pas à la peur ou à la panique. Continuez de vivre. Ne leur cédons pas. Car c'est ce qu'ils attendent de nous.

lundi 16 février 2015

Jeg er dansk

Claus Bjorn Larsen pour l'AFP
Je suis plutôt étonnée (voire triste) de voir la si faible mobilisation des Français vis-à-vis de nos voisins les Danois.

En effet, en quelques jours à peine, la capitale du Danemark a été secouée par deux attentats, très similaires aux attentats parisiens du mois de janvier.
Il y a tout d'abord eu cette fusillade contre un centre culturel dans lequel se déroulait une conférence sur les dérives du fanatisme religieux et, évidemment, sur les événements Charlie en janvier, à Paris, et leurs conséquences. Le dessinateur à l'origine des premières caricatures de Mahommet, ou du moins le premier à les avoir publié, était clairement visé. Puis il y a eu cette fusillade dans une synagogue de la capitale.

Au lendemain de ces deux attaques, le Danemark est bouleversé, les pays occidentaux apportent leur soutien, mais les habitants n'ont pas envie de céder à la panique, à la haine. Enfin, et surtout, les médias danois sont plus dans la retenue que nos journalistes français il y a un peu plus d'un mois. La presse veut "résister et ne pas céder" ni "à la peur", ni à "la division". Puisqu'il faut bien l'admettre, les médias français avaient totalement intensifié le sentiment de peur et de paranoïa de beaucoup de Français. Espérons que cette manière d'aborder journalistiquement parlant les faits danois, mais aussi français, soit plus intelligente et plus maîtrisée que celle utilisée par certaines grandes chaînes françaises d'information en janvier qui se contentaient de répéter, et souvent de déformer, les rumeurs postées sur les réseaux sociaux.

Puisque ces deux attentats sont une nouvelle fois des attentats contre la liberté de s'exprimer et la liberté d'exister, de croire en qui on veut, ce soir, mes pensées sont pour tous les danois.
Jeg er dansk.
*Je suis danoise

dimanche 11 janvier 2015

Dimanche 11 janvier 2015, journée historique

En ce jour, ce dimanche 11 janvier 2015, je suis fière de vous dire que j’ai participé à une journée historique. En ce jour, je suis fière de vous dire que nous étions près de 1,5 million de marcheurs entre République et Nation à Paris, et que de nombreux autres marcheurs se sont joints à nous, dans plusieurs villes de province, mais aussi partout dans le monde. En ce jour, je suis fière de vous dire que oui, l’unité nationale existe, ou du moins qu’elle a existé le temps d’une marche, le temps de faire honneur et de rendre hommage aux 17 victimes des tristes attentats qui ont marqué à larmes et à sang le peuple français.

Ce soir, je suis confuse entre des larmes de tristesses pour ces morts et surtout les valeurs qui ont été entachées, et des larmes de joie quand je vois toute cette unité, cette solidarité…C’est magnifique !
Souhaitons qu’une seule chose, que cet amour réciproque des gens continue, au-delà de ces terribles événements.
Que cette journée soit un exemple, que ce soit pour la liberté d’expression, pour la liberté de la presse, pour les relations entre les différentes communautés, pour tout simplement cette liberté, égalité et fraternité française.

Je suis Frédéric Boisseau
Je suis Philippe Braham
Je suis Franck Brinsolaro
Je suis Jeana Cabut (Cabu)
Je suis Elsa Cayat
Je suis Stéphane Charbonnier (Charb)
Je suis Yohan Cohen
Je suis Yoav Hattab
Je suis Philippe Honoré
Je suis Clarisse Jean-Philippe
Je suis Ahmed Merabet
Je suis Barnard Maris
Je suis Mustapha Ourrad
Je suis Michel Renaud
Je suis François-Michel Saada
Je suis Bernard Verlhac (Tignous)
Je suis Georges Wolinski

LA FRANCE EST CHARLIE





mercredi 7 janvier 2015

Pour la liberté de la presse, pour la liberté d'expression... Nous sommes tous Charlie

Dans la fin de la matinée de ce mercredi 7 janvier 2015, le journal Charlie Hebdo a été la cible d’un attentat qui a fait de nombreux blessés,  dont 4 dans un état critique, et 12 morts, donc 2 policiers, les dessinateurs Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski et l'économiste Bernard Maris.

Je ne compte pas vous énumérer les détails de cette triste journée, puisque je considère qu’il vous suffit d’allumer n’importe quelle chaîne d’informations pour cela. Mais ce soir, je viens partager avec vous ma tristesse, tant pour les personnes décédées aujourd’hui que leur famille. Mais aussi ma colère. Cette colère difficilement descriptible face à cette atteinte à la liberté d’expression, à la liberté de la presse.

Des centaines de journalistes se battent tous les jours pour pouvoir nous décrire objectivement l’état actuel du monde. Certains se font même enlever, torturer, exécuter car ils veulent nous ouvrir les yeux sur le monde.
Jusqu’à aujourd’hui, nous vivions dans un pays où la liberté d’expression a toujours triomphé. Mais disons-le nous bien : la liberté d’expression va résister, et se relèvera encore plus forte de cet affreux évènement. Et surtout, ne basculons pas dans la terreur et les terribles amalgames qui stigmatiseront des personnes innocentes qui ne sont en rien responsables de ce qu'il s'est passé ce matin.

Slogan de RSF.
Ce soir, et pour tous les jours à venir, nous sommes toutes et tous Charlie, que nous soyons d’accord ou non avec la ligne éditoriale de Charlie Hebdo. Nous sommes Charlie car nous sommes français et que nous vivons dans le pays des droits de l’Homme, le pays des plus belles libertés.

Et puisqu'on sait que l'art a parfois l'occasion de bien expliquer les choses, les situations et les émotions que l'on peut ressentir, je partage avec vous une chanson du groupe Epica, que j'aurai la chance de voir sur scène le 29 janvier. Cette chanson s'appelle "Martyr of the free word" et elle prouve que Charlie n'est pas mort, qu'on ne se laissera jamais dicter nos lois et revoir nos libertés par une poignée de fous.



En voici quelques extraits :

Speaking interpretation
A conversation can take a sudden turn
And reaching the point of violence
Because your silence left you without a hand to hold
[...]
Those who denounce a way of life
Will stand alone
Left to atone their social blunders
If you gun down the messenger
You guarantee that he will be made
Into a saint
The martyr of the free word

Traduction pour les non anglophones :

Interprétation orale
Une conversation peut prendre un tour soudain
Et atteindre le sommet de la violence
Car ton silence t'a laissé sans une main à laquelle s'accrocher
[...]
Ceux qui dénoncent une manière de vivre
Se retrouveront seuls
Et n'auront plus qu'à expier leurs erreurs sociales
Si vous tuez le messager
Vous garantissez qu'il sera considéré
Comme un saint
Le martyr de la parole libre

#JeSuisCharlie
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